Les portes du pénitencier… et de la perception

Le Vagabond des étoiles, seconde partie, de Riff Reb’s (Soleil) — Et si les maux du monde venaient de l’incapacité des hommes à se projeter dans leurs prochains ? C’est en substance ce que nous dit Jack London, dans cette adaptation BD de Riff Reb’s, dont paraît aujourd’hui la conclusion d’un superbe diptyque.

Lynchage au village

Mangez-le si vous voulez, de Dominique Gelli (Delcourt) — En narrant le martyr d’Alain de Monéys, battu à mort par une foule en furie, Gelli revient sur un monument des annales judiciaires françaises. L’adaptation en BD réussie d’un roman de Jean Teulé qui nous laisse horrifiés et sidérés !

Le retour du roi (enfin…)

Castelmaure, d’Alfred & Lewis Trondheim (Delcourt) — Avec Castelmaure, Alfred et Trondheim se proposent de nous faire partager un conte de fées dans la grande tradition, une initiative fort bienvenue dans cette période morose où le rêve ne cesse de refluer…

Des anonymes sur la cime

Les Belles Personnes, de Chloé Cruchaudet ( Soleil) — Dans notre monde tourmenté comme jamais, confronté à un futur incertain, il existe encore de « Belles Personnes », vertueuses et inspirantes. Quatorze portraits d’inconnus à découvrir, présentés par l’excellente Chloé Cruchaudet.

Des pépins, du vin, du chagrin

Les Larmes d’Ezéchiel, de Matthias Lehmann (Actes Sud) — Quelques années avant La Favorite, Matthias Lehmann publiait ce récit imbibé de larmes et d’alcool, sombre et déstructuré, agonisant sous un malheur poisseux.

De toutes les matières, c’est la grise qu’on préfère

La Fuite du cerveau, de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) — Qui se souvient que le cerveau d’Einstein fut volé à sa mort ? S’inspirant de ce fait historique « relativement » méconnu, Pierre-Henry Gomont nous propose une fiction pleine de fantaisie, où burlesque rime avec finesse.

La fugue poétique et douloureuse de deux jeunes femmes vers la liberté

Sur la route de West, de Tillie Walden (Gallimard BD) — Tillie Walden nous invite à un incroyable voyage où la réalité s’efface peu à peu derrière le fantastique, accompagnant vers le chemin du salut deux solitudes blessées par la vie. Une route déroutante mais qui vaut le détour.

Une terrible fable sur la justice de meute

Le Singe de Hartlepool, de Wilfrid Lupano & Jérémie Moreau (Delcourt) — Il y a huit ans, sortait « Le Singe de Hartlepool », l’album qui révélait Jérémie Moreau, sous les bons offices de Wilfrid Lupano. Un récit saisissant basé sur une histoire vraie, où un singe fut fait « homme » pour subir la bêtise primale de l’homo-sapiens.

Raid sanglant sur le campus

Kent State, de Derf Backderf (Çà et là) — En remettant en lumière le massacre de l’université de Kent State en 1970, Derf Backderf nous livre sa bande dessinée la plus engagée, et en profite pour fustiger un oncle Sam grimaçant aux mains pleines de sang…

Maudit paradis

La Dernière Rose de l’été , de Lucas Harari (Sarbacane) — Ce récit très attendu de l’auteur de « L’Aimant » nous emmène sur les rives de la Méditerranée, où le soleil fait naître des ombres inquiétantes, où l’apparente insouciance masque une terrible tragédie à venir…