Don’t be grateful, I’m dead !

Les Amants d’Hérouville, de Yann Le Quellec & Romain Ronzeau (Delcourt) — Michel Magne fut l’artiste-fondateur des studios d’Hérouville, où Elton John et David Bowie, parmi d’autres stars, y ont conçu des albums. Le destin inouï d’un personnage haut en couleurs conté dans une BD tout simplement géniale !

Apocalypse en Oklahoma

Jours de sable, d’Aimée de Jongh (Dargaud) — Le « Dust Bowl », gigantesque tempête de sable survenue aux USA dans les années 1930, fut la première catastrophe environnementale de grande ampleur provoquée par l’Homme. Aimée de Jongh nous fait revivre cette tragédie de façon saisissante.

Un jardin extraordinaire

Le Jardin, Paris, de Gaëlle Geniller (Delcourt) — Ce récit nous immerge dans un cabaret parisien durant les années folles, relatant l’ascension d’un jeune danseur. Un dessin splendide, un propos avant-gardiste, une BD au charme fou et un énorme coup de cœur.

Game of drones

1984, de Xavier Coste, d’après l’œuvre de George Orwell (Sarbacane) — Qu’on se le dise, 2021 sera « 1984 » ! A l’heure où la vidéosurveillance connaît un nouveau souffle, l’œuvre culte d’Orwell vient nous rappeler via plusieurs adaptations que le contrôle des citoyens s’accorde (très) mal avec la démocratie.

Le livre, éternelle menace pour le tyran

Les Ogres-Dieux t.4 : Première-née, de Hubert & Bertrand Gatignol (Soleil/Métamorphose) — Avec cet ultime opus, Bertrand Gatignol et feu Hubert Boulard concluent en beauté leur prodigieuse saga de dark-fantasy, tout en décochant une flèche cinglante au modèle patriarcal autoritaire.

La ruée vers l’horreur

La Fange, de Pat Grant (Ici Même) — Signée d’un digne (et rare) représentant de la BD australienne, cette fable dystopique aussi réjouissante que grinçante dépeint une société hideuse livrée aux rapaces, pas si différente de la nôtre…

L’Homme, ce géant au cœur malade…

Le Grand Voyage de Rameau, de Phicil (Soleil/Métamorphose) — Excellente surprise de cette fin d’année, ce conte victorien allie avec brio réflexion philosophique et merveilleux tout en réactivant notre âme d’enfant, ce joyau que bien souvent nous avons égaré en devenant adulte…

Trans(e) de carnaval

Peau d’homme, de Hubert & Zanzim (Glénat) — Fraîchement couronné de quatre prix cette semaine, « Peau d’homme », conte médiéval au propos extrêmement moderne sur la théorie du genre, restera comme le plus bel héritage du regretté Hubert, en collaboration avec Zanzim, qui sublime le récit par son dessin candide et enchanteur.

Les portes du pénitencier… et de la perception

Le Vagabond des étoiles, seconde partie, de Riff Reb’s (Soleil) — Et si les maux du monde venaient de l’incapacité des hommes à se projeter dans leurs prochains ? C’est en substance ce que nous dit Jack London, dans cette adaptation BD de Riff Reb’s, dont paraît aujourd’hui la conclusion d’un superbe diptyque.

Lynchage au village

Mangez-le si vous voulez, de Dominique Gelli (Delcourt) — En narrant le martyr d’Alain de Monéys, battu à mort par une foule en furie, Gelli revient sur un monument des annales judiciaires françaises. L’adaptation en BD réussie d’un roman de Jean Teulé qui nous laisse horrifiés et sidérés !