Odette, sans dot, connaît l’antidote

Sous les galets la plage, de Pascal Rabaté (Rue de Sèvres) — « En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d’ancêtres ». Cette citation d’André Breton en quatrième de couverture donne le ton. Rabaté nous revient en grande forme avec ce récit pré-soixante-huitard jubilatoire, prouvant qu’il n’est pas toujours nécessaire de descendre dans la rue pour bousculer l’ordre établi…

Telenovela volcanique

Ecoute, jolie Márcia, de Marcello Quintanilha (Editions ça et là) — Quand on nait et grandit dans les favelas, difficile de s’élever, surtout quand votre destinée semble vous plaquer au sol de toutes ses forces. L’histoire tumultueuse et poignante d’une mère courage, par un auteur brésilien emblématique.

Sous le masque du varan, le véreux se libère

Autopsie d’un imposteur, de Thomas Campi & Vincent Zabus (Delcourt) — Est-il possible de rester vertueux lorsqu’on aspire à sortir de sa condition pour rejoindre l’élite ? Entre peinture sociale et thriller aux accents oniriques, cette fable sur l’ambition au graphisme soigné nous envoûte autant qu’elle nous perturbe.

Une autre aventure est possible !

Tananarive, de Sylvain Vallée et Mark Eacersall (Glénat) — Tananarive vient ici démontrer que la franco-belge, malgré son âge avancé, en a encore sous le capot, à l’image de ses deux protagonistes. Ce joli récit initiatique, à la fois drôle et sensible, atteste par ailleurs que l’aventure n’est ni une question d’âge, ni de distance…

Quitter les vils ils à tire d’elles

A la Maison des femmes, de Nicolas Wild (Delcourt) — La Maison des femmes, projet novateur visant à reconstruire les femmes en souffrance, trouve un écho bienvenu grâce au talent de Nicolas Wild, qui parvient avec cette BD à susciter non seulement la compassion mais aussi l’enthousiasme du lecteur.

Jean Atwood, chasseuse de dragons

Le Chœur des femmes, d’Aude Mermilliod, d’après le roman de Martin Winckler (Le Lombard) — Cette adaptation fait honneur de manière facétieuse au roman de Martin Winckler, qui remettait en cause les pratiques gynécologiques d’un autre temps, en introduisant avec une belle pertinence la question du genre.

Aaron-man, piégé dans sa cage de verre

Aaron, de Ben Gijsemans (Dargaud) — Voilà bien une BD qui risque de faire forte impression. Ben Gijsemans y scrute la psyché d’un jeune homme déconcerté par son attirance croissante pour les garçonnets. Un sujet grave, ô combien sensible, abordé avec délicatesse et sans voyeurisme.

K.O. mais pas mort !

Le Réaliste, tome 4, d’Asaf Hanuka (Steinkis) — Si vous en doutiez encore, la BD israélienne existe et compte aujourd’hui de dignes représentants, dont Asaf Hanuka n’est pas des moindres. Inattendues, originales et subtiles, plus surréalistes que réalistes, ces saynètes en disent long sur un pays plutôt méconnu vu d’Europe.

Apocalypse en Oklahoma

Jours de sable, d’Aimée de Jongh (Dargaud) — Le « Dust Bowl », gigantesque tempête de sable survenue aux USA dans les années 1930, fut la première catastrophe environnementale de grande ampleur provoquée par l’Homme. Aimée de Jongh nous fait revivre cette tragédie de façon saisissante.

De la cruauté d’une Corée décorrélée

L’Attente, de Keum Suk Gendry-Kim (Futuropolis) — Après la partition de la Corée au début des années 50, des milliers de familles furent brisées. Une douleur rare, silencieuse, superbement évoquée dans ce récit délicat et poignant de Keum Suk Gendry-Kim.