Dans la peau de l’ours

Les Pizzlys, de Jérémie Moreau (Delcourt) — Jérémie Moreau frappe très très fort avec ses Pizzlys ! Au sommet de son art, l’auteur nous offre un sublime voyage vers le Grand Nord américain, où de jeunes parisiens apprennent à se déconnecter de leurs machines pour mieux se reconnecter à l’univers.

Recouvrer la vue avec Dante

L’Accident de chasse, de David L. Carlson et Landis Blair (Sonatine Éditions) — Les mots manquent pour décrire ce splendide — et consistant ! — hommage à la littérature et aux choses de l’esprit, soutenu par un dessin puissant. Retour sur l’Accident de chasse, fauve d’or 2021 et chef d’œuvre inoubliable.

Sous la crue, les pavés

L’Âge d’eau, première partie, de Benjamin Flao (Futuropolis) — Benjamin Flao est de retour, et c’est une bonne nouvelle. Ce diptyque, dont nous n’avons pour l’instant que la première partie, pourrait bien égaler, voire surpasser son superbe Kililana Song, un formidable récit post-apocalyptique aux accents chamaniques.

Break on the water

Breakwater, de Katriona Chapman (Futuropolis) — La rencontre émouvante de deux êtres solitaires à l’âme meurtrie, employés dans un vieux cinéma de Brighton. Un roman graphique humble et sensible, par une nouvelle venue dans la bande dessinée.

Quand s’effondrent les étoiles…

Esthétique des brutes – Journal 3, de Fabrice Neaud (Delcourt/Ego comme X) — Fabrice Neaud poursuit l’analyse élégiaque de ses amours contrariées. Tout juste rééditée par Delcourt, cette œuvre rare, audacieuse et puissante, qui n’a pas pris une ride, peut se lire comme le parcours initiatique d’un jeune gay de province.

Portrait d’un amant qui s’éloigne

Esthétique des brutes – Journal 1 & 2, de Fabrice Neaud (Ego comme X/Delcourt) — Réjouissons-nous ! Les éditions Delcourt ont décidé de rééditer ce chef d’œuvre de la bande dessinée autobiographique, où Fabrice Neaud évoque, entre autres choses, son quotidien dans une ville de province, sa gaytitude et ses amours lacunaires.

Temps de chien au pays des matins calmes

La Saison des pluies, de Keum Suk Gendry-Kim (Futuropolis) — Comme son titre ne l’indique pas, cette bande dessinée parle de la condition des chiens en Corée du Sud, lesquels sont encore élevés pour leur viande, traduisant un choc culturel entre ville et campagne. Une lecture à la fois joyeuse et mélancolique.

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance !

Le Manoir de Chartwell, de Glenn Head (Delcourt) — Un récit « horrifique » où l’horreur n’est pas de celluloïd mais bien réelle, où les croquemitaines sont bien plus redoutables que Leatherface ou Freddy Krueger. Une œuvre autobiographique incandescente par un émule du « comics underground ».

Une vie sans Gilles

Le Petit Frère, de Jean-Louis Tripp (Casterman) — Il est de ces drames qui vous hantent toute une vie, malgré tous les efforts pour les reléguer au second plan. Jean-Louis Tripp s’est efforcé, avec cet ouvrage thérapeutique tout en authenticité, de relater l’épreuve vécue par sa famille après la perte d’un frère à l’âge de l’innocence.

Un ange connecté à un astre en Atlantide

Moon, de Cyrille Pomès (Rue de Sèvres) — Y a-t-il encore une place pour l’amour dans l’arène frénétique que représentent les réseaux sociaux, autoroute assourdissante vers l’apocalypse ? Le mythe de l’Atlantide subtilement revisité par le prisme de notre monde technologique et « communicant ».