Au bonheur des perdants

La Cuisine des ogres, tome 2 : Une vie de vaurien, de Fabien Vehlmann & Jean-Baptiste Andreae (Rue de Sèvres) — Révélée en 2024, cette formidable série revisite l’univers des contes avec une inventivité rare. Son deuxième volet marque un tournant : après le huis clos oppressant de « Trois-Fois-Morte », place à l’aventure et aux grands espaces — tout en rendant justice à ceux « qui ne sont rien ».

Festin visuel

La Cuisine des ogres, tome 1 : Trois-Fois-Morte, de Fabien Vehlmann & Jean-Baptiste Andreae (Rue de Sèvres) — Alors que vient de paraître le second tome, retour sur Trois-Fois-Morte, le récit inaugurant cette excellente série qui nous replonge avec bonheur dans l’univers des contes, en les modernisant tout en conservant les fondamentaux : mélange de terreur et de merveilleux !

Tentacules, ventouses et grandes oreilles

Le Nécronomickey, de Philippe Foerster (Fluide Glacial) — Tremblez, misérables humains ! Foerster a réouvert sa petite boutique des horreurs pour tourmenter nos nuits de ses effluves sardoniques. Et ses petits mickeys ont l’air aussi maousse que les Grands Anciens des mondes souterrains de Lovecraft !

La bile des vampires

Saigneurs, de Lou Lubie (Delcourt) — Après avoir déconstruit les contes de fées (Et à la fin, ils meurent), Lou Lubie s’empare d’un mythe bien présent dans notre imaginaire collectif, celui des vampires, pour dénoncer avec à-propos l’emprise insidieuse dans nos sociétés d’une caste dominante cramponnée à ses privilèges…

Le portail des portés disparus

The Junction, de Norm Konyu (Glénat) — Il est sur Terre des lieux interdits où l’on risque d’y laisser sa raison, d’où il ne faudrait jamais revenir. Lucas, pourtant, en est revenu, mais il n’est pas un revenant. Une affaire bien étrange, entre deux réalités parallèles, qui poussera le jeune garçon à faire des choix décisifs.

Le grand magasin des horreurs

La Dernière Maison juste avant la forêt, de Régis Loisel et Jean-Blaise Djian (Rue de Sèvres) — Dix ans après Peter Pan, Loisel nous revient au dessin. On savait que celui-ci aimait mettre de la magie dans ses récits, mais après tant de temps, ce retour est-il vraiment magique ? Avec cette farce horrifique un brin décevante, il est permis d’en douter…

Poupées maléfiques et esprits frappeurs

Deryn Du, de Guillaume Sorel (Dupuis) — A travers cet album, Guillaume Sorel a voulu transmettre le sentiment de peur. Le talent graphique est certes bien au rendez-vous. Mais si les corbeaux qui hantent le récit sont tout à fait lugubres, la chair de poule, elle, est plus discutable…

Monades nomades en no man’s land

Silent Jenny, de Mathieu Bablet (Rue de Sèvres/Label 619) — Avec ce nouvel album remarquable, Mathieu Bablet creuse un peu plus son sillon et s’impose définitivement comme un des chefs de file de la BD contemporaine. Rarement un récit de SF aura parlé aussi bien de notre époque, cernée par de multiples menaces.

Multiplication des [pé]pains

L’homme qui pouvait accomplir des miracles, de José-Luis Munuera (Dargaud) — Qui n’a rêvé un jour de changer le plomb en or ? Ou, plus amusant : transformer un crétin bavard en serre-livres ou un supérieur tyrannique en cuvette de W.C. ? A défaut de vous donner la recette, cette fable drolatique vous en montrera surtout les risques…

Pas de havre avec les cadavres !

La Ville, de Nicolas Presl (Atrabile) — Oserez-vous visiter La Ville de Nicolas Presl, tour de Babel apocalyptique soudainement envahie par les zombies ? Dans la droite ligne d’un George A. Romero mais à sa façon toute particulière, l’auteur montre que les monstres ne sont pas ceux que l’on croit…