La genèse d’une guerre totale contre la paysannerie

Champs de bataille– L’Histoire enfouie du remembrement, d’Inès Léraud & Pierre van Hove (Delcourt / La Revue dessinée) — A l’heure où des champs de bataille apparaissent dans tout l’Hexagone face à un Etat défaillant, il semble pertinent de remettre en lumière ce livre-enquête sur une politique agricole désormais inadaptée (la PAC), héritière d’une modernisation imposée de façon brutale après la Seconde Guerre mondiale.

La mécanique de la marée brune (pour rappel)

L’Enfance des ruines, de Pascal Rabaté (Rue de Sèvres) — Avec ce nouvel opus remarquable aux accents expressionnistes, Pascal Rabaté livre une perspective passionnante du quotidien des Berlinois dans les années trente, alors que se profilait la menace hitlérienne.

Les dadas sans la smala qui rend gaga

Montefiore, de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) — Avec ce nouvel opus chevalin, brillant à tous points de vue, Pierre-Henry Gomont démontre que le fait de se confronter à la lourdeur des traditions familiales peut être pire que de chevaucher un cheval fou. Attention, ça va saigner !

Remettre la banlieue au milieu

Nanterre avant l’orage, de Feurat Alani & Ulysse Gry (Steinkis) — Les banlieues sont devenues à la fois les braises d’un monde en déliquescence et la cible des nostalgiques indécrottables du « bon vieux temps des colonies ». Cette bande dessinée, qui revient sur les émeutes de 2023, donne à voir une approche fondée sur la bienveillance, en phase avec une réalité bien différente de celle fournie par les médias.

Faire le mur, mater les raclures

Pensionnaires, de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) — Intermezzo, la nouvelle collection « mini-format mini-prix » de Dargaud, fait une entrée remarquée avec notamment cette fiction de Pierre-Henry Gomont inspirée de ses souvenirs de collège. Et ce n’est pas la petitesse du format qui empêche la profondeur du propos.

Le rejeton, le bandit et le tyran

Le Fils de l’ogre, d’Eric Stalner (Grand Angle) — Décidément, l’ogre est à la mode en ce moment. Sauf qu’ici, cet ogre ne mange pas les enfants mais règne sur ses terres avec la plus grande cruauté. Pour retrouver son fils qu’un malfrat au grand cÅ“ur a pris sous son aile, il va se livrer à une chasse à l’homme impitoyable.

Perdus dans l’espace

Avaler la Lune, tome 3 : le refuge, de Grégory Jarry, Lucie Castel et Robin Cousin (Casterman) — Cette fable philosophique d’anticipation, qui recelait un certain potentiel, trébuche sur la troisième marche. La trilogie, malgré toute son originalité, se referme hélas en laissant au lecteur un arrière-goût de déception.

Au paradis des nymphéas

Monet – En quête de lumière, d’Aurélie Castex (Marabulles) « Je poursuis un rêve, je veux l’impossible. Je veux peindre l’air. » Ces propos résument à merveille l’approche de Claude Monet. A l’occasion du centenaire de sa mort, Aurélie Castex nous offre une biographie légère et florale, très en phase avec l’art du célèbre peintre.

Mauvais œil sur Belle-Île

L’Été des oubliés, de Simon Rochepeau & Benjamin Bachelier (Futuropolis) — Cette BD raconte l’histoire d’un film inachevé sur les enfants prisonniers de Belle-Île, lequel avait pourtant toutes les chances de devenir un grand succès et un classique du cinéma. Mais parfois, la scoumoune est la plus forte… Certains destins seraient-ils maudits pour se faire oublier à ce point ?

L’épée contre les pets infâmes

Je suis la dernière elfe, de Marion Mousse & Martin Quenehen (Casterman) — A défaut de convaincre totalement, cette BD tente de réenchanter un monde en perdition, le nôtre, en introduisant une dose de mythologie nordique et une Elfe passablement « badass » en butte à d’abominables nostalgiques du nazisme. Des qualités malgré une narration un brin superficielle.