Le grand blues

Juste après la vague, de Dominique Monféry (Rue de Sèvres) — Quelque part entre le récit post-apo et Sa Majesté des mouches, Juste après la vague nous nous confronte de façon très réaliste à des choix cornéliens. Comment réagiriez-vous si vous ne pouviez sauver qu’une partie de vos enfants, le jour où surviendront pour de bon les catastrophes annoncées ?

La galette et ses galères

Frangipane, d’Hervé Bourhis (Glénat) — On n’a pas idée à quel point l’absence de frangipane dans une galette peut tourner au drame pour certains ! Hervé Bourhis, lui, n’hésite pas à y mordre à pleines dents, et nous déniche une fève très particulière : le portrait burlesque et corrosif d’une époque déboussolée.

BEST OF 2025

BEST OF 2025 — Oui je sais, je suis encore à la bourre, mais je ne pouvais pas établir mon classement avant d’avoir lu Soli Deo Gloria et j’ai eu bien raison d’attendre. Parce qu’on tient ici un véritable chef d’œuvre, sans l’ombre d’un doute.

L’orgueil et ses écueils

Soli Deo Gloria, de Jean-Christophe Deveney & Edouard Cour (Dupuis) — J’envierais presque celles et ceux qui n’ont pas encore découvert ce magnifique album sur deux musiciens virtuoses, par deux auteurs virtuoses. Des trajectoires passionnantes pour un livre à déguster, à admirer et à relire, encore et encore. Un diamant noir, tout simplement.

Les révélations du « père obscur »

Les Guerres de Lucas, épisode II, de Renaud Roche et Laurent Hopman (Deman Editions) — George Lucas était un cinéaste hors normes, qui voulait donner vie à ses rêves de gosse, en toute liberté. Le second volet de cette biographie palpitante le transforme en héros de sa propre vie, lequel a su —grâce au pouvoir de la force ? — s’imposer contre vents et marées face à un système hollywoodien sclérosé.

Quand dans l’Empire tout empire

Murena, tome 13 : les Neronia, de Dufaux, Jérémy et Delaby (Dargaud) — Selon les dires de Jean Dufaux, les planètes seraient alignées pour le tout dernier cycle de Murena, et on a très envie de le croire. L’alliage détonnant de cruauté et de sensualité est comme toujours au rendez-vous de cette flamboyante épopée romaine.

Thoreau vs le taureau

Le Château des animaux, tome 4 : le sang du roi, de Delep & Dorison (Casterman) — Et si la désobéissance civile n’était pas juste un truc de bisounours, mais la forme la plus moderne de contestation ? Cette excellente série populaire tente de nous montrer que ce mode d’action sans violence — et pourtant redouté du pouvoir — est non seulement le plus rassembleur, mais peut-être aussi le plus porteur.

L’envers du rêve américain en 16/9e

Detroit Roma, d’Elene Usdin & Boni (Sarbacane) — Quand le 9e art rend hommage au 7e art… Dans ce road-trip crépusculaire où les décors semblent factices et les personnages spectraux, Detroit est devenue une ville fantôme, et Rome apparaît comme un rêve surgi du passé. C’est triste comme le monde, mais par Jupiter qu’est-ce que c’est beau !

Le grand magasin des horreurs

La Dernière Maison juste avant la forêt, de Régis Loisel et Jean-Blaise Djian (Rue de Sèvres) — Dix ans après Peter Pan, Loisel nous revient au dessin. On savait que celui-ci aimait mettre de la magie dans ses récits, mais après tant de temps, ce retour est-il vraiment magique ? Avec cette farce horrifique un brin décevante, il est permis d’en douter…

L’autre position du missionnaire

Les Sentiers d’Anahuac, de Jean Dytar & Romain Bertrand (Delcourt) — Depuis une dizaine d’années, Jean Dytar mène son petit bonhomme de chemin, sans faire de bruit. Avec ce nouvel opus remarquable, tout juste récompensé par le Grand Prix de la Critique et traitant de l’évangélisation de l’Amérique latine par les Espagnols, il ajoute une nouvelle pierre (de taille !) à sa bibliographie, aussi passionnante qu’originale.