Une lueur précieuse dans les sombres couloirs de l’Oncle Sam

Perpendiculaire au soleil, de Valentine Cuny-Le Callet (Delcourt) — Retour sur ce pavé qui avait fait grosse impression à sa sortie à l’automne dernier. Sur un sujet difficile et délicat (le témoignage d’une relation bienveillante avec un condamné à mort), Valentine Cuny-Le Callet réussit à produire une œuvre sensible et nuancée.

Maléfique providence

Lovecraft, de Hans Rodionoff, Keith Giffen & Enrique Breccia (iLatina) — Lovecraft n’était pas connu pour être un gai luron, et on le comprend avec cette biographie où la réalité affronte la folie sur un champ de bataille fantasmagorique, où un art pictural surchargé de démons communique à plein avec le neuvième art. Un hommage cauchemardesque au maître de l’horreur.

Un chef d’œuvre graphique éblouissant au charme oriental

Majnoun et Leïli – Chants d’outre-tombe, de Yann Damezin (La Boîte à bulles) — Pourquoi les plus belles histoires d’amour sont-elles toujours les plus tragiques ? Le célèbre conte oriental de Majnoun et Leïla est ici transcendé graphiquement avec brio par Yann Damezin, mais également reformulé avec une audace narrative pour le moins inattendue.

Dans la peau de l’ours

Les Pizzlys, de Jérémie Moreau (Delcourt) — Jérémie Moreau frappe très très fort avec ses Pizzlys ! Au sommet de son art, l’auteur nous offre un sublime voyage vers le Grand Nord américain, où de jeunes parisiens apprennent à se déconnecter de leurs machines pour mieux se reconnecter à l’univers.

Flower Power is really supérieur !

Le Poids des héros, de David Sala (Casterman) — David Sala, en se mettant dans la peau de l’enfant qu’il était dans les années 70, confronte ses propres souvenirs à ceux de ses aïeux héroïques. L’année à peine commencée, un chef d’œuvre est né !

La mélopée impénétrable des galaxies lointaines

Energies noires, de Jesse Jacobs (Tanibis) — Avec un tel OVNI, dont le style relève plutôt du fanzinat, autant dire qu’on a dépassé les limites du bizarre. Si les amateurs de dimensions parallèles risquent d’être comblés, les autres devront se méfier des volts occultes dissimulés dans ce livre !

L’espace d’un éclair

À travers, de Tom Haugomat (Editions Thierry Magnier) — De quoi sont faits nos rêves et vers quelle destinée nous guident-ils ? Quand on a tutoyé les étoiles, que nous reste-t-il à conquérir ? Paru il y a trois ans, ce récit muet et poétique résume avec finesse une vie à la vitesse de l’éclair…

Étoile mystérieuse

Soleil mécanique, de Lukasz Wojciechowski (Editions ça et là) — Cette BD expérimentale et étonnante a été conçue avec AutoCAD ! Au-delà de l’exercice de style, c’est l’histoire fascinante d’un architecte pulvérisé en plein vol par les nazis, alors qu’il s’apprêtait à toucher le « soleil »…

Quand la sirène se fait reine

Anaïs Nin – Sur la mer des mensonges, de Léonie Bischoff (Casterman) — Entre ciel et mer, ce joli roman graphique de Léonie Bischoff dresse le portrait d’une femme sincère, dont les écrits érotiques font écho à la version la plus moderne d’un féminisme libre, hors de tout diktat et à la sexualité assumée.

Des pépins, du vin, du chagrin

Les Larmes d’Ezéchiel, de Matthias Lehmann (Actes Sud) — Quelques années avant La Favorite, Matthias Lehmann publiait ce récit imbibé de larmes et d’alcool, sombre et déstructuré, agonisant sous un malheur poisseux.