Le minotaure par les cornes

Le Labyrinthe inachevé, de Jeff Lemire (Futuropolis) — En s’inspirant du mythe du labyrinthe, Jeff Lemire nous livre un thriller onirique captivant où la folie semble être la seule échappatoire face à la perte inconsolable d’un être aimé. Une quête incandescente à l’issue imprévisible, où réalité et imaginaire se confondent.

La brocante du siècle

Slava, tome 1 : Après la chute, de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) — Rares sont les aventures populaires se déroulant dans la Russie contemporaine, pour ne pas dire inexistantes. La matière est pourtant là, et Pierre-Henry Gomont le prouve avec à-propos, en nous plongeant dans ces années 90 où l’ex-Empire soviétique prenait des allures de Far West…

Dans la peau de l’ours

Les Pizzlys, de Jérémie Moreau (Delcourt) — Jérémie Moreau frappe très très fort avec ses Pizzlys ! Au sommet de son art, l’auteur nous offre un sublime voyage vers le Grand Nord américain, où de jeunes parisiens apprennent à se déconnecter de leurs machines pour mieux se reconnecter à l’univers.

Les tics sans éthique du Soviétique

Poutine, l’ascension d’un dictateur, de Darryl Cunningham (Delcourt) — Certes, ce n’est pas forcément la lecture idéale pour l’été, mais la guerre en Ukraine, elle, n’a pas pris de vacances. A ce titre, cette biographie fluide et instructive nous rappelle que l’homme à la tête de l’ex-grande puissance soviétique est loin d’avoir lâché l’affaire…

Break on the water

Breakwater, de Katriona Chapman (Futuropolis) — La rencontre émouvante de deux êtres solitaires à l’âme meurtrie, employés dans un vieux cinéma de Brighton. Un roman graphique humble et sensible, par une nouvelle venue dans la bande dessinée.

Comique cosmique en panique

La Porte de l’univers, de Goossens (Fluide Glacial) — Par ce titre intrigant, Goossens se pose des tas de questions sur ce qui nous fait rire, nous entrainant vers des hauteurs métaphysiques élaborées (et absurdes comme il se doit). On a connu plus en forme le maestro de l’humour décalé. Le lecteur, lui, restera… à la porte…

Quand s’effondrent les étoiles…

Esthétique des brutes – Journal 3, de Fabrice Neaud (Delcourt/Ego comme X) — Fabrice Neaud poursuit l’analyse élégiaque de ses amours contrariées. Tout juste rééditée par Delcourt, cette œuvre rare, audacieuse et puissante, qui n’a pas pris une ride, peut se lire comme le parcours initiatique d’un jeune gay de province.

Portrait d’un amant qui s’éloigne

Esthétique des brutes – Journal 1 & 2, de Fabrice Neaud (Ego comme X/Delcourt) — Réjouissons-nous ! Les éditions Delcourt ont décidé de rééditer ce chef d’œuvre de la bande dessinée autobiographique, où Fabrice Neaud évoque, entre autres choses, son quotidien dans une ville de province, sa gaytitude et ses amours lacunaires.

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance !

Le Manoir de Chartwell, de Glenn Head (Delcourt) — Un récit « horrifique » où l’horreur n’est pas de celluloïd mais bien réelle, où les croquemitaines sont bien plus redoutables que Leatherface ou Freddy Krueger. Une œuvre autobiographique incandescente par un émule du « comics underground ».

Une vie sans Gilles

Le Petit Frère, de Jean-Louis Tripp (Casterman) — Il est de ces drames qui vous hantent toute une vie, malgré tous les efforts pour les reléguer au second plan. Jean-Louis Tripp s’est efforcé, avec cet ouvrage thérapeutique tout en authenticité, de relater l’épreuve vécue par sa famille après la perte d’un frère à l’âge de l’innocence.