Les dadas sans la smala qui rend gaga

Montefiore, de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) — Avec ce nouvel opus chevalin, brillant à tous points de vue, Pierre-Henry Gomont démontre que le fait de se confronter à la lourdeur des traditions familiales peut être pire que de chevaucher un cheval fou. Attention, ça va saigner !

Faire le mur, mater les raclures

Pensionnaires, de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) — Intermezzo, la nouvelle collection « mini-format mini-prix » de Dargaud, fait une entrée remarquée avec notamment cette fiction de Pierre-Henry Gomont inspirée de ses souvenirs de collège. Et ce n’est pas la petitesse du format qui empêche la profondeur du propos.

Le rejeton, le bandit et le tyran

Le Fils de l’ogre, d’Eric Stalner (Grand Angle) — Décidément, l’ogre est à la mode en ce moment. Sauf qu’ici, cet ogre ne mange pas les enfants mais règne sur ses terres avec la plus grande cruauté. Pour retrouver son fils qu’un malfrat au grand cœur a pris sous son aile, il va se livrer à une chasse à l’homme impitoyable.

Pas de rab pour les nababs

L’Île des riches, de Titwane & Pierre Christin (Dargaud) — A la manière d’un testament, le père de Valérian nous a légué avec cet album une satire sociale jubilatoire. Un message cinglant lancé aux 1% les plus riches de la planète : « Désormais, vous ne serez plus à l’abri nulle part, et Mère Nature saura vous le rappeler ! »

L’homme qui voulait être dieu à la place du tsar…

Le Mage du Kremlin, adapté par Luc Jacamon (Casterman) — Grâce à son trait saisissant, Luc Jacamon livre ici une adaptation convaincante du best-seller, permettant de comprendre comment le système poutinien est né et a prospéré sur les braises encore chaudes de l’Union soviétique.

Au bonheur des perdants

La Cuisine des ogres, tome 2 : Une vie de vaurien, de Fabien Vehlmann & Jean-Baptiste Andreae (Rue de Sèvres) — Révélée en 2024, cette formidable série revisite l’univers des contes avec une inventivité rare. Son deuxième volet marque un tournant : après le huis clos oppressant de « Trois-Fois-Morte », place à l’aventure et aux grands espaces — tout en rendant justice à ceux « qui ne sont rien ».

L’impudeur du youtubeur

Chère historienne , de Joff Winterhart (çà et là) — Avec ce roman graphique subtil, lent et intimiste, Joff Winterhart signe un éloge de l’humilité réjouissant dans une société où compétition et égocentrisme sont portées aux nues. Avec un humour « so british » bien senti, ce qui ne gâche rien…

Diabolo tourmente

Un été loin des hommes, de Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Thomas Campi (Dargaud) — Ne manquez pas ce très bel album où se mêlent deuil et souvenirs de vacances, tensions conjugales et perte de l’innocence, à travers le filtre nostalgique des eighties. Un été loin des hommes, ou comment les aléas de la vie s’adoucissent sous le soleil méditerranéen.

Le phénomène qui malmène les boîtes crâniennes

Le Syndrome de l’imposteurE, de Céline Bracq, Eric Giacometti et Fanny Briant (Marabulles) — Armés de leur carnet et de leur micro, Céline Bracq et Eric Giacometti ont enquêté pour tenter de cerner ce phénomène complexe, injustement nommé « syndrome », mais qu’une majorité d’entre nous ont pu expérimenter de façon plus ou moins consciente, en particulier dans le monde du travail.

Bouzard Unchained

L’Homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre, de Guillaume Bouzard (Dargaud) — Sous son déguisement de cow-boy, Bouzard se voit chargé de raconter le making-of de la nouvelle série Lucky Luke, avec l’humour potache qui fait sa marque. Son éditeur sera-t-il satisfait du résultat ? Rien n’est moins sûr, mais le lecteur, lui, se sera au moins tapé de bonnes barres de rire !