Portrait d’un amant qui s’éloigne

Esthétique des brutes – Journal 1 & 2, de Fabrice Neaud (Ego comme X/Delcourt) — Réjouissons-nous ! Les éditions Delcourt ont décidé de rééditer ce chef d’œuvre de la bande dessinée autobiographique, où Fabrice Neaud évoque, entre autres choses, son quotidien dans une ville de province, sa gaytitude et ses amours lacunaires.

Temps de chien au pays des matins calmes

La Saison des pluies, de Keum Suk Gendry-Kim (Futuropolis) — Comme son titre ne l’indique pas, cette bande dessinée parle de la condition des chiens en Corée du Sud, lesquels sont encore élevés pour leur viande, traduisant un choc culturel entre ville et campagne. Une lecture à la fois joyeuse et mélancolique.

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance !

Le Manoir de Chartwell, de Glenn Head (Delcourt) — Un récit « horrifique » où l’horreur n’est pas de celluloïd mais bien réelle, où les croquemitaines sont bien plus redoutables que Leatherface ou Freddy Krueger. Une œuvre autobiographique incandescente par un émule du « comics underground ».

Une vie sans Gilles

Le Petit Frère, de Jean-Louis Tripp (Casterman) — Il est de ces drames qui vous hantent toute une vie, malgré tous les efforts pour les reléguer au second plan. Jean-Louis Tripp s’est efforcé, avec cet ouvrage thérapeutique tout en authenticité, de relater l’épreuve vécue par sa famille après la perte d’un frère à l’âge de l’innocence.

Un ange connecté à un astre en Atlantide

Moon, de Cyrille Pomès (Rue de Sèvres) — Y a-t-il encore une place pour l’amour dans l’arène frénétique que représentent les réseaux sociaux, autoroute assourdissante vers l’apocalypse ? Le mythe de l’Atlantide subtilement revisité par le prisme de notre monde technologique et « communicant ».

« Res Publica » ou la révolte des invisibles

Res Publica – Cinq ans de résistance, 2017-2021, de David Chauvel & Malo Kerfriden (Delcourt) — David Chauvel revient sur le mouvement des Gilets jaunes avec un gros pavé lancé à la face de ce qu’on pourrait appeler le thatchérisme à la française. Dense mais fluide, ce docu-BD magistral nous aide à mieux comprendre un épisode récent et turbulent de notre Histoire.

L’or du silence

Le Spectateur, de Théo Grosjean (Éditions Soleil) — Avec ce récit totalement envoûtant, Théo Grosjean, en nous mettant dans la peau d’un être muet et en apparence asocial, nous convie à l’empathie à son égard. Quant le neuvième art prend tout son sens…

Odette, sans dot, connaît l’antidote

Sous les galets la plage, de Pascal Rabaté (Rue de Sèvres) — « En matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d’ancêtres ». Cette citation d’André Breton en quatrième de couverture donne le ton. Rabaté nous revient en grande forme avec ce récit pré-soixante-huitard jubilatoire, prouvant qu’il n’est pas toujours nécessaire de descendre dans la rue pour bousculer l’ordre établi…

Telenovela volcanique

Ecoute, jolie Márcia, de Marcello Quintanilha (Editions ça et là) — Quand on nait et grandit dans les favelas, difficile de s’élever, surtout quand votre destinée semble vous plaquer au sol de toutes ses forces. L’histoire tumultueuse et poignante d’une mère courage, par un auteur brésilien emblématique.

Sous le masque du varan, le véreux se libère

Autopsie d’un imposteur, de Thomas Campi & Vincent Zabus (Delcourt) — Est-il possible de rester vertueux lorsqu’on aspire à sortir de sa condition pour rejoindre l’élite ? Entre peinture sociale et thriller aux accents oniriques, cette fable sur l’ambition au graphisme soigné nous envoûte autant qu’elle nous perturbe.