Un éléphant, ça trinque énormément…

La Tristesse de l'éléphant - Nicolas Antona & Nina Jacqmin

La Tristesse de l’éléphant © 2016 Nicolas Antona & Nina Jacqmin (Les Enfants rouges)

A l’orphelinat, Louis est le souffre-douleur de ses camarades du fait de ses rondeurs. Heureusement pour lui, la venue du cirque dans la ville va changer sa vie à jamais. Très vite il va sympathiser et tomber amoureux de la dresseuse d’éléphant, la jeune et jolie Clara. Une idylle sincère et durable va naître entre les deux enfants…

La Tristesse de l’éléphant, c’est l’histoire d’un amour pur entre deux enfants, Louis l’orphelin grassouillet et Clara la jeune circassienne, un amour qui ne fera que se renforcer avec les années. Mais c’est aussi l’histoire d’une complicité entre ce dernier et l’éléphant Pégase dressé par Clara, deux êtres très différents mais avec beaucoup de points communs : un aspect hors-norme et balourd doublé d’un caractère solitaire dicté par les circonstances, dans le cas de Louis le fait d’être rejeté par les autres gamins de l’orphelinat.

C’est un récit assez touchant et plein de tendresse que nous propose ici Nicolas Antona. Ce quadragénaire signe ici son premier scénario de bande dessinée, tout comme Nina Jacqmin, jeune dessinatrice belge qui l’accompagne de ses pinceaux délicats. Son trait rond et sa technique au fusain, limitée au bleu et rouge pour ce qui est des couleurs, viennent souligner le côté intemporel voire presque désuet de l’objet. D’un point de vue graphique, c’est assez unique, et le simple fait de feuilleter le livre retient immédiatement l’attention. L’atmosphère qui s’en dégage fait qu’on ne peut s’empêcher de penser au cinéma expressionniste des années 20-30.

L’histoire en elle-même est extrêmement simple, avec peut-être un goût de déjà vu, et s’apparenterait aisément à un conte poétique destiné à tous les publics. Même si indiscutablement le propos est sincère, certains pourront toutefois y déplorer une certaine naïveté à la limite du mièvre. De même, si l’ensemble est traité avec pudeur, le pathos de certains passages s’avère redondant. Pourtant, les deux points forts, à savoir le style graphique et la tonalité poétique, méritent le détour.

La Tristesse de l’éléphant
Scénario : Nicolas Antona
Dessin : Nina Jacqmin
Editeur : Les Enfants rouges
80 pages – 17 €
Parution : 21 janvier 2016

Extrait p. 27 – Conversation entre M. Manuel, le directeur de l’orphelinat, et Louis :

« Voilà Edmond Rostand, un classique. « Cyrano de Bergerac » ! Cela te fera de la lecture ! Alors nous continuons la lettre pour ta Dulcinée ?
– Elle ne s’appelle pas Dulcinée, elle s’appelle Clara.
– …
– Vous ne m’écoutez pas quand je parle ?
– Il y a manifestement quelques manques à combler dans votre culture littéraire, jeune homme… « L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche » de Miguel de Cervantes. Un Espagnol comme votre petite Clara Marcos. Dulcinée est son aimée et nous avons fait nôtre ce nom dans notre belle langue française ! »

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités
Cet article, publié dans Société/Chroniques sociales, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s