Haro sur le héros !

Faut-il brûler Tintin ?, de Renaud Nattiez (Éditions Sépia/1000 Sabords) — Quoi que l’on pense d’une immolation publique de Tintin, le pourrait-on vraiment tant celui-ci semble inoxydable ? Et après tout, celui qui a échappé au bûcher des Incas dans « Le Temple du Soleil » en a vu d’autres… Sans mettre d’huile sur le feu, Renaud Nattiez est là pour recadrer le débat.

Dans les cages dorées de l’homme blanc

Le Baiser, de Frédéric Debomy et Andrea Bruno (Ici Même) — Malgré ce que pourrait laisser penser son titre, cette bande dessinée n’a rien d’une bluette. Elle tente surtout de démontrer que si le temps des colonies appartient au passé, le tourisme sexuel en est une bien triste prolongation…

La vie en bleu et rose, pas la névrose

La Cure, de Mário César (iLatina) – En cette période de fierté homosexuelle, ce récit édifiant sur les thérapies de conversion arrive à point nommé, rappelant que la Gay Pride n’est pas juste une célébration joyeuse, mais le fruit d’un combat de longue haleine, jamais totalement gagné…

N’être rien, c’est pas rien !

Deviens quelqu’un !, de Daniel Blancou (Editions Sarbacane) — Daniel Blancou, auteur de BD « de moins en moins en trop », nous raconte que le métier de bédéaste n’est pas une sinécure… et qu’en plus si le succès tarde à venir, votre démon intérieur sera toujours là pour vous torturer avec sa fourche chauffée à blanc…

Histoires d’(h)O(mmes)

Pénis de table, de Cookie Kalkair (Steinkis) — Sept types enfermés dans une pièce et qui nous parlent de leur vie sexuelle. Ça ressemble à de la téléréalité trash, et pourtant c’est un peu plus que ça.

Le marchand de sable qui donnait des cauchemars

Environnement toxique, de Kate Beaton (Casterman) — Si la violence faite aux femmes est une réalité qu’il faut dénoncer, celle-ci prend son fondement dans la façon dont l’homme perçoit la femme socialement, un état de fait où cette autre forme de violence, non physique, n’en est que plus pernicieuse. Avec ce témoignage sensible et personnel, Kate Beaton brise le silence.

Belges cancans

Merel, de Clara Lodewick (Dupuis) — Avec ce premier roman graphique, Clara Lodewick tente de montrer comment naît la rumeur, et de la rumeur l’esprit de meute. Un sujet qui traite avec altruisme et intelligence de l’engrenage, toujours évitable, de la violence.

Jeu de société

La Couleur des choses, de Martin Panchaud (Éditions ça et là) — La BD la plus originale de l’an dernier, parue chez Ça et là, pourrait se contenter de ce seul qualificatif. Or, elle possède quelque chose en plus, et cela n’est pas rien : une narration au cordeau captivante alliant drame social et thriller fantasque…

On n’est pas des bêtes, on la ferme pas !

Le Château des animaux, tome 3 : La Nuit des justes, de Xavier Dorison & Félix Delep (Casterman) — Ce tome 3 de la saga animalière de Dorison et Delep poursuit l’auscultation d’un pouvoir tyrannique et retors, capable d’écraser la révolte populaire dans le sang. Si contre lui l’action violente semble vouée à l’échec, la désobéissance civile saura-t-elle venir à bout du tyran Silvio ?

Ma prison va craquer !

Prison, de Fabrice Rinaudo, Anne Royant & Sylvain Dorange (La Boîte à Bulles) — Si l’enfer existe en France, c’est dans ses prisons qu’on le trouve. On sait gré aux auteurs de donner un coup de projecteur sur une réalité épouvantable au cœur de la « Patrie des Droits de l’Homme ».