Un fauve en or massif pour Emil Ferris

 

Sans polémique et sans bourde marquante cette année (ouf !), le Festival d’Angoulême a récompensé quatre femmes, dont deux avec les prix les plus prestigieux, ce qui semble indiquer que les choses bougent vraiment dans le neuvième art.

Le Fauve d’or est donc attribué, finalement sans grande surprise, à Emil Ferris pour Moi ce que j’aime, c’est les monstres (pendant le festival, l’effervescence autour cette artiste et de son pavé hors-norme étaient très palpables). L’auteure américaine, devenue handicapée après une méningo-encéphalite, a recouvré une partie de ses capacités grâce à son dessin (au stylo-bille !), contredisant ainsi les diagnostics des médecins  qui la considérait invalide à vie. Mais les avis semblent un rien partagés. Certains parleront de pavé indigeste, d’autres de chef d’œuvre sous-tendu par un choc émotionnel dérangeant.

Le Grand prix est remis à Rumiko Takahashi, une autrice nippone qui ne semble être connue que des seuls amateurs de mangas. Un choix étrange alors que la BD asiatique n’est pas en position dominante en Europe (du moins pour l’instant) et que d’autres femmes plus connues dans la BD française et européenne auraient largement mérité la récompense. De plus, quand on regarde le dessin de Madame Takahashi, on se dit que tout cela paraît un peu mièvre et que l’image des femmes bédéastes n’en sortira peut-être pas grandie.

Alors en voulant flatter à la fois un marché en pleine croissance (cette année aura vu la construction d’un immense chapiteau sur 2 500 m2, « Manga City », accessible très facilement par une navette spéciale) et la gent féminine, ce prix ne serait-il pas pour cette dernière juste un cadeau empoisonné ? Pas question de créer ici une vaine polémique ni de dresser des barrières pour stopper l’invasion d’un genre très apprécié dans l’Hexagone, désormais deuxième plus gros consommateur de mangas après les Japon. D’ailleurs, on ne peut plus tout à fait parler d’invasion dans la mesure où nombre de bédéastes français s’y sont mis. Mais cela n’empêche pas de méditer sur les choix parfois discutables du jury.

  • Grand Prix de la ville d’Angoulême : Rumiko Takahashi
  • Fauve d’or : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Emil Ferris
  • Prix spécial du jury : Les Rigoles, Brecht Evens
  • Prix de la série : Dansker, Halfdan Pisket
  • Prix révélation : Ted drôle de coco, Émilie Gleason
  • Prix du patrimoine : Les Travaux d’Hercule, Gustave Doré
  • Prix Jeunesse : Le Prince et la Couturière, Jen Wang
  • Fauve Polar SNCF : VilleVermine, Julien Lambert
  • Prix de la bande dessinée alternative : Experimentation de Samandal (collectif).
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2 commentaires pour Un fauve en or massif pour Emil Ferris

  1. iotop dit :

    Bon jour,
    Merci pour ce retour et partage. Pour ma part, je ne suis pas Manga, autant j’ai apprécié grandement « Death Note » en dessin animé.
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

    • Je pense avoir pas mal de lacunes en la matière, et pourtant d’après mes amis bédéphiles, il y a des choses qui valent la peine… je m’y mettrai un jour, mais à l’exception deTaniguchi et de Miyazaki (du dessin animé), je n’ai pas dû tomber sur le meilleur jusqu’à présent.

      Aimé par 1 personne

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