Trique ésotérique

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Rituels © 2016 Álvaro Ortiz (Rackham)

Lorenzo vient d’emménager avec son ami Manuel dans un vieil immeuble. Intrigué par l’appartement du dessous servant de dépôt à un antiquaire, il va découvrir que personne n’y entre ni n’en sort jamais. La curiosité étant trop forte, il va chercher un moyen d’y pénétrer…

rituelsAprès deux productions qui l’ont brillamment révélé depuis 2013, Cendres et en particulier Murderabilia l’an dernier, Álvaro Ortiz était attendu au tournant. Le jeune auteur espagnol savait allier un graphisme original à un sens accompli de la narration. Avec ce Rituels doté d’une couverture évoquant des pratiques ésotériques et tribales (avec divers objets funéraires et/ou phalliques, notamment une statuette à la virilité prodigieuse), le lecteur ne pouvait être qu’intrigué…

Le récit commence avec l’installation de deux jeunes gens au dernier étage d’un immeuble barcelonais. Le mystère va rapidement entrer en action quand ils réaliseront que l’appartement du dessous n’est ni habité ni même visité par son locataire, qui s’en sert pour stocker des antiquités. Leur histoire servira de fil conducteur tout au long du livre, entrecoupé de mystérieux faits divers se déroulant dans différents pays et à d’autres époques, sans lien apparent avec la narration principale, si ce n’est la statuette ithyphallique… Il y aura même une évocation du Caravage, qui semblait avoir connaissance de l’objet fétiche ! Un drôle de puzzle où le lecteur devra mettre en action tous ses neurones disponibles pour tenter de rassembler les pièces (ou pas)…

Si le dessin, qui permet de retrouver ce style si particulier caractérisé notamment par ces « micro-cases » – marque de fabrique de l’auteur – ne déçoit aucunement, il n’en va pas de même pour le scénario. Álvaro Ortiz aurait-il surestimé sa capacité de conteur ? On retrouve bien ici son univers si particulier avec cette tonalité littéraire qui fait tout son charme, mais la narration souffre hélas de ce format « histoires dans l’histoire ». On saisit parfaitement le lien avec cette statuette maudite, mais au fil de pages, le doute s’installe alors que chaque chapitre ne fait que complexifier la chose, sans que l’on puisse vraiment comprendre le pourquoi du comment. Du coup l’intérêt pour la lecture s’en trouve grandement atténué. Jusqu’à cette fin sibylline qui ne fait qu’élargir le fossé d’incompréhension. On lui pardonnera volontiers ce qui ne peut être qu’un faux pas, car il est certain que ce monsieur a encore des choses à dire…

Rituels
Scénario & dessin : Álvaro Ortiz
Editeur : Rackham
128 pages couleur – 22 €
Parution : 15 avril 2016

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