Une saga épique portée par le souffle de l’océan

Les passagers du vent

Les Passagers du vent © 2014 François Bourgeon (Delcourt)

Pour se venger et fuir, Isa choisit l’exil. Passagère du vent sur les routes océanes, elle subit les guerres, rencontre les prisons et découvre l’horreur des traites négrières qui assurent l’enrichissement des Amériques et des Antilles. À jamais éprouvée par toutes ces expériences, Isa n’en aime pas moins la vie. Elle aimera des hommes. Elle aimera des femmes… mais avant tout, sa liberté.[Résumé éditeur]

les-passagers-du-ventFrançois Bourgeon possède sans conteste un style inimitable, aussi bien à l’aise dans la reproduction des paysages que dans celle des corps et des objets. Des corps d’ailleurs souvent dénudés lorsqu’ils sont féminins, ce que certains pourront juger racoleur… Mais si l’auteur aime la femme et ses formes à l’excès, il n’y a rien de vulgaire ici, juste une pincée d’érotisme, pas de machisme non, ce sont juste des corps, beaux à voir, ivres de désir, aux courbes sensuelles et généreuses… Un soin très grand a également été apporté au reste (car on pourrait presque dire que tout tourne autour du corps féminin). Bourgeon a fourni à lui seul un travail considérable avec un sens du détail poussé à l’extrême, grâce à une documentation historique très fouillée (la représentation des navires de l’époque ravira les admirateurs) -. Beau travail également sur les paysages et l’atmosphère, en particulier dans l’Afrique coloniale et les Antilles, on est littéralement transporté !

Là où je trouverais à redire, c’est plutôt au niveau du scénario ou des dialogues, qui m’ont à certains moments paru confus, même si cela ne m’a pas gêné pour lire l’histoire jusqu’au bout… En fait, j’ai plus apprécié l’histoire pour le côté dépaysant que pour le scénario lui-même, parfois trop touffu voire décousu … Par ailleurs, certains aspects traités pourraient faire l’objet d’un débat (exemple : les conditions de transport des esclaves qui semblent avoir été édulcorées), même si dans l’ensemble, tout paraît plutôt réaliste, à l’instar de la psychologie des personnages. En outre, les amateurs de rebondissements ne seront pas déçus…

Difficile de ne pas parler de chef d’œuvre devant une entreprise telle que celle-ci, on ne peut être qu’admiratif devant l’étendue du travail fourni. Mais le défaut de Bourgeon est celui des démiurges, et on lui aurait su gré d’avoir délégué sur la partie scénario et dialogues…

Apparemment, l’auteur semble apprécier la femme autant pour ses formes que pour son indépendance (n’en déplaise aux féministes pures et dures), car comme dans ses productions suivantes (Le Cycle de Cyann), les héros sont des héroïnes non conformistes à la langue bien pendue (sans mauvais jeu de mots !), luttant à leur façon pour leur émancipation. Ce n’est peut-être pas un hasard si l’histoire se déroule au siècle des Lumières.

Les Passagers du vent (Intégrale des tomes 1 à 5)
Scénario & dessin : François Bourgeon
Editeur : Delcourt
230 pages –  55 €
Parution : 10 novembre 2011
Première édition : de janvier 1980 à mai 1984

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