Le fun de Louis

Louis de Funès aura marqué durablement le cinéma comique français à partir des années 50 jusqu’à sa mort en 1983, chacun de ses films rencontrant un grand succès en France comme à l’étranger. De santé fragile, l’homme semblait pourtant infatigable, comme branché sur 220.000 volts dès qu’il jouait la comédie, excellant dans l’art du mime et des grimaces. Ce roman graphique lui rend hommage avec réalisme et sincérité.

louis de funesMéprisé par l’intelligentsia et les milieux cinéphiles de son vivant, De Funès est aujourd’hui en passe de devenir un acteur culte du cinéma comique populaire, aux côtés de Charlie Chaplin ou des Marx Brothers. Il faut reconnaître que ses films ne sont pas tous des chefs d’œuvre, loin s’en faut, mais l’acteur possédait une telle puissance comique que le moindre navet auquel il participait pouvait devenir digne d’intérêt. De Funès occultait la plupart du temps la présence des autres comédiens qui semblaient n’être là que pour lui servir de faire-valoir. Bien que de nature timide, marqué par une enfance défavorisée et les galères de ses débuts, le comédien visait constamment le haut de l’affiche, se démenant comme un beau diable jusqu’à y laisser sa santé.

En mêlant anecdotes authentiques et répliques cultes, les auteurs ont cherché à coller au plus près de la réalité. Bien qu’ils soient de fervents admirateurs, ils n’ont pas cherché à enjoliver à tout prix le personnage, qui avait ses zones d’ombres et pouvait parfois faire preuve de mesquinerie. On apprend ainsi que Louis de Funès ne supportait pas le fait qu’Edouard Molinaro ne riait jamais lorsqu’il le filmait, ou encore qu’il s’était mis à bouder lors du tournage du Corniaud, découvrant que Bourvil apparaissait beaucoup plus souvent que lui à l’écran. Pourtant, l’homme était pudique et ne dévoilait rien de sa vie privée. Se sachant de santé fragile, il avait conscience de la mort qui rôdait, mais son désir de jouer la comédie resta quasiment intact jusqu’à la fin.

Alexis Chabert allie parfaitement sobriété du trait et caricatures de l’acteur ainsi que des diverses célébrités côtoyées par ce dernier. Un dessin sensible pour une mise en couleur agréable et soignée. De façon étonnante, la couverture représente en fait son père, dont la vie est évoquée brièvement au début du récit alors que, avocat sans le sou, il venait de fuir l’Espagne pour Paris en compagnie de sa belle richement dotée, afin de pouvoir concrétiser leur projet de mariage. Ce père semblait lui ressembler comme deux gouttes d’eau – sans que l’on sache s’il s’agit d’une extrapolation des auteurs. Quoi qu’il en soit, cette biographie se laissera déguster sans déplaisir, que l’on soit fan ou pas du personnage.

Louis de Funès, une vie de folie et de grandeur
Scénario : François Dimberton
Dessin : Alexis Chabert
Couleurs : Magali Paillat
Editeur : Delcourt
Collection : Mirages
128 pages couleurs – 16,95€
Date de parution : 13/11/2014

Publicités
Cet article, publié dans Biographie, Cinéma, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s