Le douloureux espoir d’un retour au pays

Les Tournesols d’Ukraine, de Pietro B. Zemelo (Steinkis) — La guerre, même quand on la fuit, continue à vous poursuivre. Ce que raconte l’auteur, c’est comment l’exil n’enraye aucunement le traumatisme psychologique. Un récit d’une actualité brûlante entre l’Ukraine et l’Italie.

Quand la vita n’est pas si dolce…

Maltempo, d’Alfred (Delcourt) — Dernier opus de la trilogie italienne d’Alfred, Maltempo est un récit baigné d’une douce lumière méditerranéenne, avec un soleil légèrement voilé. Une histoire en trompe l’œil, mais emplie de fraicheur et de générosité. Bravissimo !

L’envol cosmique des comics

L’Illusion magnifique, livre 1 : New York, 1938, d’Alessandro Tota (Gallimard) — On n’est pas obligé d’apprécier les comics pour apprécier cette BD, la preuve avec cet hommage à un mythe américain doublé d’une ode à l’imagination, aussi extravagant que captivant. On en redemande et on attend la suite !

Avant la tempête…

Le Dernier Sergent, tome 1 : Les Guerres immobiles, de Fabrice Neaud (Delcourt) — Ce premier volet du nouveau cycle très attendu de Fabrice Neaud continue à concilier réflexion, sexe et poésie, tout en battant en brèche les idées reçues sur l’homosexualité, notamment celle de ceux qui « n’en ont pas l’air »… Puissant et incontournable !

Vivre et mourir à Venise

Le Passeur de lagunes, de Christophe Dabitch & Piero Macola (Futuropolis) — À Venise, le décor pour touristes a aussi son envers, beaucoup moins reluisant. Celui-ci sert de cadre à ce polar dystopique, à la fois sombre et rempli d’humanité, à des années-lumière de la carte postale.

Le scoutisme, c’est pas si quétaine !

Paul au parc, de Michel Rabagliati (La Pastèque) — Retour sur Paul au parc, cette madeleine de Proust au goût de l’enfance de Michel Rabagliati. Souvenirs de famille, des premières amourettes, de la passion naissante de l’auteur pour le dessin et de son premier (et dernier) camp scout. Un récit plein de tendresse…

Nous n’irons pas faire de selfies au Grand Canyon

Fausses pistes, de Bruno Duhamel (Bamboo/Grand Angle) — Même ceux qui comme moi ne sont pas portés sur le western devraient apprécier cet album. Duhamel revisite le genre en le transportant à notre époque, sans oublier d’étriller au passage nos travers. Une vraie réussite !

Dans les limbes de l’Amérique

Contrition, de Carlos Portela & Keko (Denoël Graphic) — On connaissait déjà le rêve américain et son cauchemar. Ce que l’on connaît moins, ce sont ses limbes, des zones où les prédateurs sexuels sont confinés tels des morts-vivants, sans espoir de rédemption. C’est le thème central de ce sombre et fascinant thriller psychologique.

Les fiancées du DVD pirate

La Contrebande Society de Forest Hills, de Nicole Goux & Dave Baker (Sarbacane) — Cet album raconte le quotidien de quatre adolescentes en quête de sensations fortes dans une bourgade étasunienne pendant les années 2000. S’il comporte du rythme et de la fantaisie à foison, ce roman graphique à haut potentiel ne tient pas vraiment toutes ses promesses.

Le ciel scintillant des hauts potentiels

Comme un oiseau dans un bocal, de Lou Lubie (Delcourt) — Après avoir démystifié les contes de fées (Et à la fin, ils meurent), Lou Lubie s’attaque au thème des HPI, en usant de la métaphore pour nous faire comprendre que s’il s’agit bien d’un don, celui-ci comporte aussi son revers de médaille dans notre monde de « normopensée ».