Toute la force d’une peinture rugissante

Le Naufrage du Wager, de Pablo Franco et Lautaro Fiszman (iLatina) — Quand la peinture et la BD s’associent avec brio. Une initiative rare et tout à fait étonnante, véritable déluge pictural, et il fallait que cela vienne d’Amérique du sud. Là où le Wager sombra il y a près de trois siècles, au large des côtes chiliennes.

Avant la tempête…

Le Dernier Sergent, tome 1 : Les Guerres immobiles, de Fabrice Neaud (Delcourt) — Ce premier volet du nouveau cycle très attendu de Fabrice Neaud continue à concilier réflexion, sexe et poésie, tout en battant en brèche les idées reçues sur l’homosexualité, notamment celle de ceux qui « n’en ont pas l’air »… Puissant et incontournable !

Les dieux sont tombés sur l’arête

Le Fils de Pan, de Fabrizio Dori (Sarbacane) — Après son fabuleux Dieu vagabond, on peut dire qu’il était attendu au tournant, Fabrizio Dori. Cette fausse suite confirme que le virage a été franchi, sans toutefois être totalement contrôlé. Si l’on reste ébloui par le dessin, toujours splendide, on ressort un peu moins convaincu par la narration.

Musée amusant

Musée, de Christophe Chabouté (Glénat/Vents d’Ouest et Les Editions du Musée d’Orsay) — Pour son dernier album, Chabouté s’est immergé dans le Musée d’Orsay. Il y a déambulé dans ses recoins les plus obscurs, des sous-sols aux greniers, de nuit comme de jour, pour tenter d’en révéler les mystères (tout au moins une partie), et les consigner dans cette plaisante mosaïque fantastico-poétique.

L’art de la ligne claire

Plagiat !, de Goffin, Schuiten et Peeters (Anspach) — À l’heure de la question de plus en plus prégnante de l’IA, cet album de 1989 traitant de la propriété artistique n’a rien perdu de son actualité. Réédité dans une version modernisée, ce thriller parodique est aussi un hommage à la ligne claire typiquement « eighties ».

La découverte sans disserte

Une rainette en automne (et plus encore…), de Linnea Sterte (Editions de la Cerise) — Si une rainette qui roule n’amasse pas mousse, elle peut en revanche faire de jolies bulles… On peut en voir le résultat dans ce charmant poème graphique aux accents d’Asie.

Une lueur précieuse dans les sombres couloirs de l’Oncle Sam

Perpendiculaire au soleil, de Valentine Cuny-Le Callet (Delcourt) — Retour sur ce pavé qui avait fait grosse impression à sa sortie à l’automne dernier. Sur un sujet difficile et délicat (le témoignage d’une relation bienveillante avec un condamné à mort), Valentine Cuny-Le Callet réussit à produire une œuvre sensible et nuancée.

Maléfique providence

Lovecraft, de Hans Rodionoff, Keith Giffen & Enrique Breccia (iLatina) — Lovecraft n’était pas connu pour être un gai luron, et on le comprend avec cette biographie où la réalité affronte la folie sur un champ de bataille fantasmagorique, où un art pictural surchargé de démons communique à plein avec le neuvième art. Un hommage cauchemardesque au maître de l’horreur.

Un chef d’œuvre graphique éblouissant au charme oriental

Majnoun et Leïli – Chants d’outre-tombe, de Yann Damezin (La Boîte à bulles) — Pourquoi les plus belles histoires d’amour sont-elles toujours les plus tragiques ? Le célèbre conte oriental de Majnoun et Leïla est ici transcendé graphiquement avec brio par Yann Damezin, mais également reformulé avec une audace narrative pour le moins inattendue.

Dans la peau de l’ours

Les Pizzlys, de Jérémie Moreau (Delcourt) — Jérémie Moreau frappe très très fort avec ses Pizzlys ! Au sommet de son art, l’auteur nous offre un sublime voyage vers le Grand Nord américain, où de jeunes parisiens apprennent à se déconnecter de leurs machines pour mieux se reconnecter à l’univers.