Hayat, d’Alep à Bruxelles, de Manal Halil, Anaële et Delphine Hermans — Un roman graphique centré sur une femme de la communauté Dom, victime d’ostracisme en Syrie, qui doit quitter son pays en guerre. Une double peine évoquée dans ce récit pudique, sans prétention et instructif, avec au bout, peut-être, la liberté et l’émancipation.
Auteur : Laurent Proudhon
La déveine dans l’ADN
Monsieur Apothéoz, de Julien Frey & Dawid (Vents d’Ouest) — Entre comédie romantique et thriller poétique, Monsieur Apothéoz, malgré une très bonne impression de départ, nous laisse quelque peu sur notre faim. C’est vraiment pas de chance !
« IT » is only a joker !
Zozo le clown, de Besseron (Editions Rouquemoute) — Zozo c’est un peu le jumeau maléfique de Bozo le clown. Imaginez le sinistre Pennywise de Stephen King s’introduisant dans l’univers de Vuillemin, avec un gros nez hypersexué pour une orgie de gags bien saignants. Ames sensibles (et consensuelles) s’abstenir !
Une lueur précieuse dans les sombres couloirs de l’Oncle Sam
Perpendiculaire au soleil, de Valentine Cuny-Le Callet (Delcourt) — Retour sur ce pavé qui avait fait grosse impression à sa sortie à l’automne dernier. Sur un sujet difficile et délicat (le témoignage d’une relation bienveillante avec un condamné à mort), Valentine Cuny-Le Callet réussit à produire une œuvre sensible et nuancée.
Petite sève
L’Homme qui aimait les plantes, de Stéphane Piatzszek et Benoît Blary (Éditions Soleil) — Nous aussi on aime les plantes ! Et on aime aussi les voyages ! Malheureusement, ce documentaire-carnet de route censé nous faire voyager au pays des plantes qui guérissent n’a que le goût d’une tisane tiède.
« Mégafauna », la grande saga de l’ultime sagesse dans un monde de brutes
Mégafauna, t.2 : Le Livre des délices et des infortunes, de Nicolas Puzenat (Sarbacane) — La première partie de Mégafauna n’était donc que le lancement de la fusée. Avec ce Livre des délices et des infortunes, on assiste à la mise sur orbite d’une fabuleuse épopée uchronique qui vient orner avec maestria notre voûte étoilée.
Haltères égaux
Colossale, t.1, de Rutile & Diane Truc (Jungle) — Hey boomer ! Si tu ne vas pas vers le webtoon, le webtoon viendra à toi ! Ce manga online purement hexagonal s’est revêtu de papier pour mieux nous séduire, et à bon escient. Cette production cocasse, absolument irrésistible, est peut-être la meilleure surprise de ce début d’année.
Manque de bol, tout a empiré
Ras le bol, de Cardon (Super Loto Editions/Les Requins Marteaux) — Si Cardon devait commenter la vie politique française actuelle, exprimerait-il toujours son ras le bol ? Assurément, oui, et d’ailleurs cette anthologie regroupant sa production des seventies nous démontre que si tout a changé, rien n’a changé…
Féminisme et vendetta, le mauvais ménage
Préjudice, d’Ingrid Chabbert, Pog & Pauline Bertrand (Marabulles) — Des amies de lycée unies par un secret inavouable, tel est le pitch de ce thriller intimiste, qui tout en s’inscrivant dans la défense de la cause féministe, se révèle comme le miroir inversé d’une certaine culture patriarcale, dans ses pires clichés. Dommage.
Maléfique providence
Lovecraft, de Hans Rodionoff, Keith Giffen & Enrique Breccia (iLatina) — Lovecraft n’était pas connu pour être un gai luron, et on le comprend avec cette biographie où la réalité affronte la folie sur un champ de bataille fantasmagorique, où un art pictural surchargé de démons communique à plein avec le neuvième art. Un hommage cauchemardesque au maître de l’horreur.
