Tour d’horizon de la BD en 2017

La Bande dessinée au tournant © 2017 Thierry Groensteen (Les Impressions nouvelles)

Alors que le secteur du neuvième art est entré en crise après avoir connu des années fastes, ce petit ouvrage dresse un bilan complet de la situation en abordant tous les thèmes propres à cette forme d’expression dont l’image s’est beaucoup améliorée et dont la légitimité n’est plus guère remise en cause aujourd’hui. L’auteur y traite notamment de l’évolution récente de la production éditoriale, de la féminisation du métier (on a pu voir à Angoulême qu’il n’était pas aisé pour une femme auteure de se faire une place), et de l’entrée de la BD sur le marché de l’art.

Publié en début d’année, ce petit ouvrage passionnera à coup sûr tous les amateurs de cette forme artistique tout juste « adulte », mais les néophytes pourront également y trouver un très bon aperçu de ce que représente aujourd’hui le neuvième art en France et dans le monde. En 120 pages, Thierry Groensteen sait se faire pédagogue et synthétise de façon fluide ses vues sur la question.

Son C.V. prouve qu’il est lui-même passionné sur la question et qu’il sait donc de quoi il parle : historien et théoricien de la bande dessinée, chargé de mission auprès de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, rédacteur en chef de la revue en ligne NeuvièmeArt2.0, directeur de collection chez Actes Sud et auteur de nombreux ouvrages.

La Bande dessinée au tournant
Thierry Groensteen
Les Impressions nouvelles
128 pages –  12 €
Parution : 5 janvier 2017

Extrait p.113 :

« Huit ans plus tard [en 2008, certains se félicitaient de la bonne santé de la BD, N.D.R.], la profession paraît beaucoup plus inquiète. La logique du « toujours plus », du more is beautiful, a montré ses limites, et il est apparu, d’une part, que cette croissance était en partie factice (le chiffre d’affaires global augmente, mais les ventes au titre, elles, ne cessent de baisser), d’autre part, qu’elle se faisait au détriment des conditions de travail d’un grand nombre de créateurs, dont la production a très peu de visibilité et qui ne reçoivent plus de rémunération décente.

Après des années de communiqués triomphalistes, on se réveille avec la gueule de bois.

Et c’est bien cette réputation en trompe-l’œil, entretenue par les médias, d’un secteur affichant une santé à toute épreuve, qui a entraîné la crise : elle a poussé de plus en plus d’acteurs à entrer sur ce marché et a incité les éditeurs à produire toujours plus. »

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