Porno mais pas queue…

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Filles perdues © 2008 Alan Moore & Melinda Gebbie (Delcourt)

Elles se nomment Alice, Wendy et Dorothy. A travers leurs aventures au Pays des Merveilles, dans le monde de Peter Pan, et au Royaume du Magicien d’Oz, les lecteurs du monde entier les connaissent… ou croient les connaître. Car l’heure est venue pour elles de nous dévoiler la face cachée de leur histoire. Loin des mondes imaginaires, c’est en Europe, à l’aube du XXe siècle, qu’elles ont vécu les moments les plus marquants de leur existence. Voici comment trois ingénues, guidées par l’éveil de leurs sens, stimulées par des expériences sans tabou, sont devenues trois Filles Perdues.

filles-perduesSi j’ai trouvé le scénario d’Alan Moore particulièrement original et la démarche culottée (si on peut dire quand on voit que la plupart du temps les protagonistes sont plus souvent à poil qu’en textile), je suis plus mitigé sur le plan du graphisme de Melinda Gebbie, son épouse. L’ouvrage est superbe en lui-même, l’impression, le papier, l’odeur, tout concourt à le faire aimer. Et pourtant j’adhère moyennement au style de la dessinatrice, même si on sent qu’il a du travail derrière avec beaucoup de références très plaisantes à l’art nouveau. Les couleurs sont chaudes, parfois harmonieuses, parfois exubérantes voire kitsch, et ce n’est pas rédhibitoire, mais l’amateurisme du trait et la trop grande amplitude de styles pour une même histoire m’ont chagriné d’une manière générale.

Pour le reste, c’est une œuvre qui dégage une certaine puissance, comme tout ce que produit Alan Moore, et que n’aurait pas renié Sade, même si c’est tout de même beaucoup moins gore que ce qu’a pu produire le subversif marquis. J’ai aussi apprécié la manière dont est mise en avant l’incompatibilité absolue entre le plaisir sexuel et la guerre, évoquant inévitablement le célèbre slogan « Faites l’amour pas la guerre » (on ne se refait pas n’est-ce pas Mr and Mrs. Moore ?). Dommage que les dialogues des soldats allemands arrivant sur les lieux encore fumants des orgies des trois libertines n’aient pas été traduits, même si on se doute que Moore ait simplement voulu associer la langue allemande à la brutalité de la guerre… En somme un OVNI porno, graphique et littéraire… (novembre 2012)

Filles perdues
Titre original : Lost Girls
Scénario : Alan Moore
Dessin : Melinda Gebbie
Editeur : Delcourt
Collection : Contrebande
317 pages – 49,95 €
Parution : 19/03/2008

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