L’envol cosmique des comics

L’Illusion magnifique, livre 1 : New York, 1938, d’Alessandro Tota (Gallimard) — On n’est pas obligé d’apprécier les comics pour apprécier cette BD, la preuve avec cet hommage à un mythe américain doublé d’une ode à l’imagination, aussi extravagant que captivant. On en redemande et on attend la suite !

Le hurlement persistant des mille collines

Rwanda, à la poursuite des génocidaires, de Thomas Zribi & Damien Roudeau (Steinkis) — Âmes sensibles, vous voilà prévenues, cet ouvrage est à haut risque émotionnel. Derrière un dessin pudique, les témoignages s’avèrent éprouvants. Éprouvants mais indispensables pour ne pas oublier cette effroyable tragédie et tenter d’appréhender l’impensable, l’innommable, l’insondable.

L’amnésie collective, arme de contrôle massif

Le Passeur, de P. Craig Russel (Philéas) — Comment un monde en apparence utopique se révèle être une terrifiante dystopie ? C’est ce que décrit ce perturbant récit en résonance avec notre époque, qui voit des forces sournoises se mettre en place pour contrôler les corps et les esprits.

Avant la tempête…

Le Dernier Sergent, tome 1 : Les Guerres immobiles, de Fabrice Neaud (Delcourt) — Ce premier volet du nouveau cycle très attendu de Fabrice Neaud continue à concilier réflexion, sexe et poésie, tout en battant en brèche les idées reçues sur l’homosexualité, notamment celle de ceux qui « n’en ont pas l’air »… Puissant et incontournable !

Angoulême 2024 : le festival du futur et des anneaux !

FIBD 2024 — À Angoulême, le compte à rebours a déjà commencé pour le Festival international de BD, qui se déroulera du 25 au 28 janvier. Avec une programmation qui commence déjà à faire jaillir une flopée de belles bulles dans nos têtes !

Planète gloutonne et star déchue

Remina (Édition prestige), de Junji Ito (Delcourt Tonkam) — Ce manga SF du samouraï de l’horreur Junji Ito évoque tambour battant cette peur universelle et ancestrale de voir le ciel nous tomber sur la tête. Rythmé à la vitesse de la lumière, Remina plaira sans doute à certains mais pourrait en désorienter d’autres.

Les balbutiements de l’écologie au XIXe siècle

Au cœur des solitudes, de Lomig (Sarbacane) — Écolo avant l’heure, John Muir, né dans la première moitié du XIXe siècle, se retournerait probablement dans sa tombe s’il pouvait voir l’état de notre planète aujourd’hui. Cette biographie par Lomig constitue un superbe hommage empreint d’une grande sincérité.

Guéguerres et pets (de vaches)

War and Peas : Salut la Terre, d’Elisabeth Pich & Jonathan Kunz (Les Requins Marteaux) — Gaïa notre déesse-mère n’est pas au mieux de sa forme mais elle se soigne. Comment ? En se faisant tirer le portrait dans ces strips à l’humour noir réjouissant concoctés par le duo War and Peas (1 M de followers sur Instagram !).

Vivre et mourir à Venise

Le Passeur de lagunes, de Christophe Dabitch & Piero Macola (Futuropolis) — À Venise, le décor pour touristes a aussi son envers, beaucoup moins reluisant. Celui-ci sert de cadre à ce polar dystopique, à la fois sombre et rempli d’humanité, à des années-lumière de la carte postale.

A very bad trip…

Altamont, de Charlie Adlard et Herik Hanna (Glénat) — Le festival d’Altamont fut miné par une violence que le « pouvoir des fleurs » n’aura pas réussi à égayer. Tout en reconstituant le déroulé des faits, ce one-shot s’avère aussi une plaisante immersion dans la Californie de la fin des Sixties, quand la jeunesse croyait encore en un monde de paix et d’amour (on ne rit pas).