Quand derrière les murs du silence, succombe l’innocence

L’Homme en noir, de Giovanni di Gregorio et Grégory Panaccione (Delcourt) — En se mettant à hauteur d’enfant, les auteurs abordent avec subtilité un sujet grave, la pédophilie, et font, par la même occasion, remonter les terreurs enfantines du lecteur adulte que nous sommes. Une franche réussite !

Dans les limbes de l’Amérique

Contrition, de Carlos Portela & Keko (Denoël Graphic) — On connaissait déjà le rêve américain et son cauchemar. Ce que l’on connaît moins, ce sont ses limbes, des zones où les prédateurs sexuels sont confinés tels des morts-vivants, sans espoir de rédemption. C’est le thème central de ce sombre et fascinant thriller psychologique.

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance !

Le Manoir de Chartwell, de Glenn Head (Delcourt) — Un récit « horrifique » où l’horreur n’est pas de celluloïd mais bien réelle, où les croquemitaines sont bien plus redoutables que Leatherface ou Freddy Krueger. Une œuvre autobiographique incandescente par un émule du « comics underground ».

Aaron-man, piégé dans sa cage de verre

Aaron, de Ben Gijsemans (Dargaud) — Voilà bien une BD qui risque de faire forte impression. Ben Gijsemans y scrute la psyché d’un jeune homme déconcerté par son attirance croissante pour les garçonnets. Un sujet grave, ô combien sensible, abordé avec délicatesse et sans voyeurisme.