Qui a peur du grand méchant Nagual ?

Le Serpent et la Lance, acte 2 : Maison-Vide, de Hub (Delcourt) — L’étrange affaire des jeunes filles aztèques momifiées, tiraillée entre les superstitions des uns et le scepticisme des autres, commence à prendre une tournure malsaine et menace la stabilité de l’empire… Qui aurait intérêt à travestir la vérité et à quelles fins ?

BEST OF 2023

Alors que les tops sont souvent bouclés avant le 31 décembre, voire bien avant, tonton Will, lui, aime prendre son temps. Vous imaginez, si une pépite de dernière minute manquait à son classement ! Oui, on n’est jamais trop prudent, et puis comme le dit la fable : rien ne sert de courir…

Du monde du silence aux cités obscures

Le Retour du capitaine Nemo, de Schuiten & Peeters (Casterman) — Hommage respectueux à Jules Verne, ce magnifique livre-objet vient clore en beauté la fantastique odyssée éditoriale que furent Les Cités obscures du duo Peeters-Schuiten.

Quand la vita n’est pas si dolce…

Maltempo, d’Alfred (Delcourt) — Dernier opus de la trilogie italienne d’Alfred, Maltempo est un récit baigné d’une douce lumière méditerranéenne, avec un soleil légèrement voilé. Une histoire en trompe l’œil, mais emplie de fraicheur et de générosité. Bravissimo !

La vie des poètes n’est pas un long fleuve tranquille

Les Illuminés, de Jean Dytar et LF Bollée (Delcourt/Mirages) — Pour conclure une année où la lumière fut souvent bien rare, quoi de mieux qu’une œuvre consacrée à des poètes « illuminés » du XIXe : Rimbaud, Verlaine et Nouveau. Ce superbe ouvrage relate avec réalisme leurs relations intimes autour d’un texte maudit, « Les Illuminations ».

Amer sanctuaire en enfer

The Nice House on the lake, tome 2, de James Tynion IV & Álvaro Martínez Bueno (Urban Comics) — Ne serions-nous que les jouets d’entités extra-terrestres ? C’est en substance ce que questionne le second volet de ce diptyque magnétique. Un récit qui, malgré ses imperfections, nous donne envie de connaître le fin mot de l’histoire. Pour cela, il faudra attendre le prochain cycle…

Touche pas à mon atoll !

La Brute et le Divin, de Léonard Chemineau (Rue de Sèvres) — Au-delà du thriller d’aventure, cette bande dessinée (labellisée éco-responsable !) nous sensibilise aux beautés de l’océan, mais livre un constat amer : même quand l’Homme prétend pratiquer la transition énergétique, il ne peut s’empêcher de nuire aux écosystèmes.

L’envol cosmique des comics

L’Illusion magnifique, livre 1 : New York, 1938, d’Alessandro Tota (Gallimard) — On n’est pas obligé d’apprécier les comics pour apprécier cette BD, la preuve avec cet hommage à un mythe américain doublé d’une ode à l’imagination, aussi extravagant que captivant. On en redemande et on attend la suite !

Le hurlement persistant des mille collines

Rwanda, à la poursuite des génocidaires, de Thomas Zribi & Damien Roudeau (Steinkis) — Âmes sensibles, vous voilà prévenues, cet ouvrage est à haut risque émotionnel. Derrière un dessin pudique, les témoignages s’avèrent éprouvants. Éprouvants mais indispensables pour ne pas oublier cette effroyable tragédie et tenter d’appréhender l’impensable, l’innommable, l’insondable.

L’amnésie collective, arme de contrôle massif

Le Passeur, de P. Craig Russel (Philéas) — Comment un monde en apparence utopique se révèle être une terrifiante dystopie ? C’est ce que décrit ce perturbant récit en résonance avec notre époque, qui voit des forces sournoises se mettre en place pour contrôler les corps et les esprits.