Le cas Luke, revenu des ombres

Dakota 1880, d’Appollo & Brüno (Dargaud) — D’un côté, il y a les « sachants », de l’autre, les ignares. Et les sachants le savent bien, Lucky Luke n’est pas un héros fictif, il a vraiment existé ! Ce récit surprenant qu’est Dakota 1880 va nous le prouver !

Derrière le tableau, les héros et les salauds

L’Oubliée du radeau de la Méduse, de Thierry Soufflard et Gilles Cazaux (Marabulles) — Ce récit maritime, basé sur des faits réels, celui-ci nous saisit littéralement à la gorge, tel un thriller avant l’heure. Derrière la brillante démarche artistique de Géricault, se dissimulait une épopée âpre à peine adoucie par la touche de romance inventée.

Monades nomades en no man’s land

Silent Jenny, de Mathieu Bablet (Rue de Sèvres/Label 619) — Avec ce nouvel album remarquable, Mathieu Bablet creuse un peu plus son sillon et s’impose définitivement comme un des chefs de file de la BD contemporaine. Rarement un récit de SF aura parlé aussi bien de notre époque, cernée par de multiples menaces.

Du plomb dans les labels

Le Paradoxe de l’abondance, de Hugo Clément, Vincent Ravalec et Dominique Mermoux (Dargaud) — Alors que le gouvernement actuel semble plus préoccupé par sa survie que par le bien-être des citoyens, cet ouvrage salutaire remet sur le devant de la scène la question de notre alimentation liée aux pratiques agricoles. Ce qui tombe bien, parce que, plus que jamais, l’urgence demeure…

L’art au bout du fusil

La Mise à mort du tétras lyre, de David Combet (Glénat) — Telle une ode à la nature et à la vie, le graphisme de David Combet célèbre la couleur pour mieux exorciser un passé contrarié dans ses désirs artistiques. L’œuvre ambitieuse d’un jeune auteur qui laisse toutefois un goût d’inachevé…

Woke on the wild side

French Theory, Itinéraires d’une pensée rebelle, de François Cusset et Thomas Daquin (Delcourt) — Cet ouvrage passionnant retrace la genèse du mouvement qui, dès les années 60, a défié les dogmes d’une société en noir et blanc. Dans le contexte actuel, une « boîte à outil » salutaire pour contrer les attaques anti-« wokisme », épouvantail des conservateurs hostiles à toute évolution.

On s’est planté sur la Lune…

Avaler la Lune, tome 2 : la forêt, de Grégory Jarry, Lucie Castel et Robin Cousin (Casterman) — Après un tome d’ouverture en apesanteur dans la banlieue terrestre, les auteurs nous font découvrir une Lune sous un angle aussi merveilleux qu’inattendu ! Si le scénario louvoie entre l’aventure et le psychologique, on reste tout de même charmé par cet univers tout à fait original.

Multiplication des [pé]pains

L’homme qui pouvait accomplir des miracles, de José-Luis Munuera (Dargaud) — Qui n’a rêvé un jour de changer le plomb en or ? Ou, plus amusant : transformer un crétin bavard en serre-livres ou un supérieur tyrannique en cuvette de W.C. ? A défaut de vous donner la recette, cette fable drolatique vous en montrera surtout les risques…

De l’eau, de l’oxygène dans l’anxiogène

L’Âge d’eau, seconde partie, de Benjamin Flao (Futuropolis) — Cette seconde et dernière partie vient nous rassurer : avec ce voyage hypnotique dans le monde d’après, Flao sera parvenu à nous réconforter en transformant une catastrophe écologique en nouveau départ vers des horizons plus lumineux. Et en ces temps anxiogènes, cela n’est pas rien.

Mille et une nuits de cauchemar

Hazara Blues, de Yann Damezin et Reza Sahibdad (Sarbacane) — Réza, Afghan issu de la minorité hazara et passionné de cinéma, a traversé l’exil en Iran avant d’être accueilli en France. Son témoignage brut, retranscrit et illustré par Yann Damezin comme un conte moderne et poétique, dépeint une vie de combats pour simplement exister.