L’amour à la folie

Simon et Lucie : les ciels changeants, d’Alain Kokor (Virages graphiques) — L’amour passionnel peut-il finir autrement qu’en tragédie ? L’amour absolu peut-il survivre dans ce monde de brutes ? C’est en substance le propos de ce beau et âpre récit intimiste qui nous entraîne dans la folie d’un amant peut-être un peu « trop » romantique…

Les impétueuses marées de la colère

Submersion, d’Iwan Lépingle (Sarbacane) — Voilà un récit tout à fait singulier, qui évoque une catastrophe écologique de grande ampleur (la montée des eaux), mais qui ne fait pas pour autant dans le post-apo. Qui plus est, cela ne vient qu’en second plan d’une chronique sociale lorgnant vers le thriller, non dénuée de charme.

Les fantômes du passé ne craignent pas la poussière

Revoir Comanche, de Romain Renard (Le Lombard) — Le rêve américain n’est-il pas plus admirable dans ses crépuscules que dans sa lumière clinquante ? Romain Renard le prouve avec brio, en nous offrant un récit tout en ombre et lumière, où se confondent parfois bien et mal. Une histoire américaine, une histoire de violence sur une terre de contrastes.

« Vous aimez voir des mecs à poil ? »

G.I. Gay, de Muñoz et Alcante (Dupuis/Aire Libre) — Si certains rêvent de renvoyer les gays au placard sous prétexte que leur visibilité croissante s’apparenterait à de la « propagande wokiste », ils seraient bien inspirés de lire cette BD, qui montre judicieusement la façon odieuse et hypocrite dont l’armée américaine les traitait durant la seconde guerre mondiale.

Le jour du poisson-lune

Loin, d’Alicia Jaraba (Grand Angle) — Entre comédie amoureuse et voyage initiatique, Loin interroge avec subtilité les injonctions sociétales à vivre en couple. Parce qu’en fait, « vivre seul ne veut pas dire être seul » et qu’on peut très bien s’épanouir sans forcément être « à la colle »…

Le fort et la conque, une histoire vieille comme le monde

Sa Majesté des mouches, d’Aimée de Jongh (Dargaud) — Le roman culte de William Golding, qui raconte comment des enfants vont tenter d’échafauder une micro-société sans adultes, marque le lecteur de façon indélébile. Aimée de Jongh a décidé d’en faire une adaptation en BD, tâche ô combien ambitieuse, et s’en sort de façon très honorable.

Dégringole l’idole, divague la diva

Eyes without a face, de Marie Baudet (Virages graphiques) — Avec Eyes without a face, Marie Baudet brosse le portrait d’une star déchue du petit écran sur un mode léger et ironique. Si l’objet en forme de clin d’œil nostalgique n’est pas dénué d’intérêt, on pourra toutefois regretter son côté superficiel et vite lu.

Des vers et des papillons dans la Grosse Pomme

New York, New York, de Jillian Tamaki & Mariko Tamaki (Rue de Sèvres) — En juillet dernier, New York, New York a remporté le prix Eisner du roman graphique. Très logiquement, on a voulu voir de quoi il retournait. Force est de constater que cette tranche de vie(s) ordinaire brille par son authenticité et sa poésie.

Mon voisin, cet inconnu si proche…

Aparthotel Deluxe, d’Edo Brenes (La Boîte à bulles) — Au Costa Rica, un immeuble comme il en existe partout. Edo Brenes va opérer un zoom sociologique sur ses résidents, confrontés aux problématiques du quotidien, la mort, l’amour, la vie, la solitude… Un charmant roman graphique débordant d’humanité.

Faire écran à la haine aveugle

Appels en absence, de Nora Dåsnes (Casterman) — Réputée pour être paisible, la Norvège n’est pourtant pas à l’abri de la barbarie terroriste. A travers les yeux d’une adolescente, Nora Dåsnes revient en mode intimiste sur la tragédie d’Utøya qui a traumatisé tout un pays.