Dix secondes, de Max de Radiguès (Casterman) — Dix secondes, c’est le portrait déroutant d’un ado presque ordinaire, « bien sous tous rapports », Max, qui se consume dans la picole et la weed de façon quasi suicidaire… un drôle de jeu où la candeur danse avec la mort…
Catégorie : Société/Chroniques sociales
Pas de banquet sur la banquise
Inlandsis Inlandsis, tome 1 : la glace, de Benjamin Adam (Dargaud) — En 2046, coup de chaud sur les pôles, coup de froid sur la France… Une réflexion sur la mémoire et sa perte, quand l’intime se lie au global. Un tome 1 un peu en deçà des attentes, de la part d’un auteur qu’on apprécie habituellement. A suivre.
L’aléatoire trajectoire des corps terrestres
Les Météores, de Deveney et Redolfi (Delcourt) — Dans notre monde parfois plus glacial qu’à la surface d’un météore, où se côtoient des milliers de solitudes éphémères, ce récit primé à Angoulême tente de nous réconcilier avec notre humanité. C’est infiniment triste, mais infiniment beau aussi.
Guten Morgen, Vietnam
Le nirvana est ici, de Mikael Ross (Seuil) — Ce pavé captivant nous emmène — c’est assez rare — dans l’Allemagne d’aujourd’hui, où se croisent des cultures et des personnages antagonistes, incroyablement attachants, pour un cocktail mêlant suspense, poésie, tendresse, humour… et amour. Gros coup de cœur !
La résistance, c’est Byzance !
Journal inquiet d’Istanbul, volume 2 : 2007-2017, d’Ersin Karabulut (Dargaud) — L’auteur se fait le témoin d’une Turquie en proie à la montée de l’extrémisme religieux, un pays où les attentats de Charlie Hebdo viendront résonner abruptement dans son quotidien. Ce second volet, plus sombre, réserve toutefois des moments plus radieux où son talent se verra récompensé.
Le Turc du futur
Journal inquiet d’Istanbul, volume 1, d’Ersin Karabulut (Dargaud) — Magnifique déclaration d’amour à sa ville multiculturelle, l’auteur nous raconte avec verve son parcours dans la bande dessinée, sur un ton oscillant entre humour et angoisse, dans un contexte de montée de l’intolérance religieuse. On n’a pas fini d’entendre parler d’Ersin Karabulut !
L’amour à la folie
Simon et Lucie : les ciels changeants, d’Alain Kokor (Virages graphiques) — L’amour passionnel peut-il finir autrement qu’en tragédie ? L’amour absolu peut-il survivre dans ce monde de brutes ? C’est en substance le propos de ce beau et âpre récit intimiste qui nous entraîne dans la folie d’un amant peut-être un peu « trop » romantique…
Les impétueuses marées de la colère
Submersion, d’Iwan Lépingle (Sarbacane) — Voilà un récit tout à fait singulier, qui évoque une catastrophe écologique de grande ampleur (la montée des eaux), mais qui ne fait pas pour autant dans le post-apo. Qui plus est, cela ne vient qu’en second plan d’une chronique sociale lorgnant vers le thriller, non dénuée de charme.
Les fantômes du passé ne craignent pas la poussière
Revoir Comanche, de Romain Renard (Le Lombard) — Le rêve américain n’est-il pas plus admirable dans ses crépuscules que dans sa lumière clinquante ? Romain Renard le prouve avec brio, en nous offrant un récit tout en ombre et lumière, où se confondent parfois bien et mal. Une histoire américaine, une histoire de violence sur une terre de contrastes.
« Vous aimez voir des mecs à poil ? »
G.I. Gay, de Muñoz et Alcante (Dupuis/Aire Libre) — Si certains rêvent de renvoyer les gays au placard sous prétexte que leur visibilité croissante s’apparenterait à de la « propagande wokiste », ils seraient bien inspirés de lire cette BD, qui montre judicieusement la façon odieuse et hypocrite dont l’armée américaine les traitait durant la seconde guerre mondiale.
