Le coming out sans moumoute

Les Oies cendrées, de Cyril Legrais et Alice V.D.M. (Futuropolis) — « On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux… ». Les mots de Jacques Brel évoquent assez bien cette FORMIDABLE comédie romantique que nous proposent Cyril Legrais et Alice VDM. Énorme coup de cœur !

La rage de vivre plus forte que le handicap

Dans ses yeux, de Marc Cuadrado (Grand Angle) — Marc Cuadrado livre un récit intime sur la vie avec Tanie, sa compagne malvoyante. Un témoignage touchant, plein d’humour et de tendresse, sur la force d’un couple face au handicap, et une véritable leçon de vie.

Paternel, jamais professionnel…

Un père, de Jean-Louis Tripp (Casterman) — Un père, au-delà du parfait récit d’été, est l’hommage sensible d’un fils à son père, un fils désormais réconcilié, une œuvre exutoire sur la transmission et le pardon.

Le Paris de la décroissance

Et soudain le futur, de Mathieu Burniat & Dominique Mermoux (Rue de Sèvres) — De canicule en canicule, la planète commence à sérieusement tirer la langue à force d’absorber nos pollutions en augmentation exponentielle. Ainsi, ce docu-fiction original montre comment la décroissance pourrait RÉ-ENCHANTER notre monde.

Bitures et déchirures

Dix secondes, de Max de Radiguès (Casterman) — Dix secondes, c’est le portrait déroutant d’un ado presque ordinaire, « bien sous tous rapports », Max, qui se consume dans la picole et la weed de façon quasi suicidaire… un drôle de jeu où la candeur danse avec la mort…

Pas de banquet sur la banquise

Inlandsis Inlandsis, tome 1 : la glace, de Benjamin Adam (Dargaud) — En 2046, coup de chaud sur les pôles, coup de froid sur la France… Une réflexion sur la mémoire et sa perte, quand l’intime se lie au global. Un tome 1 un peu en deçà des attentes, de la part d’un auteur qu’on apprécie habituellement. A suivre.

L’aléatoire trajectoire des corps terrestres

Les Météores, de Deveney et Redolfi (Delcourt) — Dans notre monde parfois plus glacial qu’à la surface d’un météore, où se côtoient des milliers de solitudes éphémères, ce récit primé à Angoulême tente de nous réconcilier avec notre humanité. C’est infiniment triste, mais infiniment beau aussi.

Guten Morgen, Vietnam

Le nirvana est ici, de Mikael Ross (Seuil) — Ce pavé captivant nous emmène — c’est assez rare — dans l’Allemagne d’aujourd’hui, où se croisent des cultures et des personnages antagonistes, incroyablement attachants, pour un cocktail mêlant suspense, poésie, tendresse, humour… et amour. Gros coup de cœur !

La résistance, c’est Byzance !

Journal inquiet d’Istanbul, volume 2 : 2007-2017, d’Ersin Karabulut (Dargaud) — L’auteur se fait le témoin d’une Turquie en proie à la montée de l’extrémisme religieux, un pays où les attentats de Charlie Hebdo viendront résonner abruptement dans son quotidien. Ce second volet, plus sombre, réserve toutefois des moments plus radieux où son talent se verra récompensé.

Le Turc du futur

Journal inquiet d’Istanbul, volume 1, d’Ersin Karabulut (Dargaud) — Magnifique déclaration d’amour à sa ville multiculturelle, l’auteur nous raconte avec verve son parcours dans la bande dessinée, sur un ton oscillant entre humour et angoisse, dans un contexte de montée de l’intolérance religieuse. On n’a pas fini d’entendre parler d’Ersin Karabulut !