La galette et ses galères

Frangipane, d’Hervé Bourhis (Glénat) — On n’a pas idée à quel point l’absence de frangipane dans une galette peut tourner au drame pour certains ! Hervé Bourhis, lui, n’hésite pas à y mordre à pleines dents, et nous déniche une fève très particulière : le portrait burlesque et corrosif d’une époque déboussolée.

L’orgueil et ses écueils

Soli Deo Gloria, de Jean-Christophe Deveney & Edouard Cour (Dupuis) — J’envierais presque celles et ceux qui n’ont pas encore découvert ce magnifique album sur deux musiciens virtuoses, par deux auteurs virtuoses. Des trajectoires passionnantes pour un livre à déguster, à admirer et à relire, encore et encore. Un diamant noir, tout simplement.

Thoreau vs le taureau

Le Château des animaux, tome 4 : le sang du roi, de Delep & Dorison (Casterman) — Et si la désobéissance civile n’était pas juste un truc de bisounours, mais la forme la plus moderne de contestation ? Cette excellente série populaire tente de nous montrer que ce mode d’action sans violence — et pourtant redouté du pouvoir — est non seulement le plus rassembleur, mais peut-être aussi le plus porteur.

L’envers du rêve américain en 16/9e

Detroit Roma, d’Elene Usdin & Boni (Sarbacane) — Quand le 9e art rend hommage au 7e art… Dans ce road-trip crépusculaire où les décors semblent factices et les personnages spectraux, Detroit est devenue une ville fantôme, et Rome apparaît comme un rêve surgi du passé. C’est triste comme le monde, mais par Jupiter qu’est-ce que c’est beau !

L’art au bout du fusil

La Mise à mort du tétras lyre, de David Combet (Glénat) — Telle une ode à la nature et à la vie, le graphisme de David Combet célèbre la couleur pour mieux exorciser un passé contrarié dans ses désirs artistiques. L’œuvre ambitieuse d’un jeune auteur qui laisse toutefois un goût d’inachevé…

De l’eau, de l’oxygène dans l’anxiogène

L’Âge d’eau, seconde partie, de Benjamin Flao (Futuropolis) — Cette seconde et dernière partie vient nous rassurer : avec ce voyage hypnotique dans le monde d’après, Flao sera parvenu à nous réconforter en transformant une catastrophe écologique en nouveau départ vers des horizons plus lumineux. Et en ces temps anxiogènes, cela n’est pas rien.

Le coming out sans moumoute

Les Oies cendrées, de Cyril Legrais et Alice V.D.M. (Futuropolis) — « On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux… ». Les mots de Jacques Brel évoquent assez bien cette FORMIDABLE comédie romantique que nous proposent Cyril Legrais et Alice VDM. Énorme coup de cœur !

La rage de vivre plus forte que le handicap

Dans ses yeux, de Marc Cuadrado (Grand Angle) — Marc Cuadrado livre un récit intime sur la vie avec Tanie, sa compagne malvoyante. Un témoignage touchant, plein d’humour et de tendresse, sur la force d’un couple face au handicap, et une véritable leçon de vie.

Paternel, jamais professionnel…

Un père, de Jean-Louis Tripp (Casterman) — Un père, au-delà du parfait récit d’été, est l’hommage sensible d’un fils à son père, un fils désormais réconcilié, une œuvre exutoire sur la transmission et le pardon.

Le Paris de la décroissance

Et soudain le futur, de Mathieu Burniat & Dominique Mermoux (Rue de Sèvres) — De canicule en canicule, la planète commence à sérieusement tirer la langue à force d’absorber nos pollutions en augmentation exponentielle. Ainsi, ce docu-fiction original montre comment la décroissance pourrait RÉ-ENCHANTER notre monde.