Saigneurs, de Lou Lubie (Delcourt) — Après avoir déconstruit les contes de fées (Et à la fin, ils meurent), Lou Lubie s’empare d’un mythe bien présent dans notre imaginaire collectif, celui des vampires, pour dénoncer avec à-propos l’emprise insidieuse dans nos sociétés d’une caste dominante cramponnée à ses privilèges…
Catégorie : Société/Chroniques sociales
L’amour, produit transformé sur apps
Sex Friends – Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique, de Colin Atthar et Richard Mèmeteau (Steinkis) — Avec cette « socio-fiction », les auteurs ont exploré les différentes formes de dating sur les réseaux sociaux : entre l’agence matrimoniale 2.0 et le porn trash, il y en a pour tous les goûts… Mais si vous avez un tant soit peu d’appétit, vous risquez peut-être de rester sur votre faim…
La dépression chez les ados, cette épidémie silencieuse
Le Passage, de Mathieu Persan (Hachette) — La santé mentale, enjeu crucial surtout chez les jeunes, est abordée ici avec justesse et poésie. L’auteur, directement concerné par le sujet, dénonce l’état déplorable de la psychiatrie en France, inspiré par l’expérience douloureuse de sa fille.
Particule en suspension
Jeune et fauchée, de Florence Dupré la Tour (Dargaud) — Fichtre, la noblesse, c’est plus ce que c’était ! On peut avoir un patronyme qui claque et se retrouver dans la dèche. Florence Dupré (qui n’a pas pris garde à sa Tour, haha) en a fait l’amère expérience Elle déballe tout et ça nous scotche !
La galette et ses galères
Frangipane, d’Hervé Bourhis (Glénat) — On n’a pas idée à quel point l’absence de frangipane dans une galette peut tourner au drame pour certains ! Hervé Bourhis, lui, n’hésite pas à y mordre à pleines dents, et nous déniche une fève très particulière : le portrait burlesque et corrosif d’une époque déboussolée.
L’orgueil et ses écueils
Soli Deo Gloria, de Jean-Christophe Deveney & Edouard Cour (Dupuis) — J’envierais presque celles et ceux qui n’ont pas encore découvert ce magnifique album sur deux musiciens virtuoses, par deux auteurs virtuoses. Des trajectoires passionnantes pour un livre à déguster, à admirer et à relire, encore et encore. Un diamant noir, tout simplement.
Thoreau vs le taureau
Le Château des animaux, tome 4 : le sang du roi, de Delep & Dorison (Casterman) — Et si la désobéissance civile n’était pas juste un truc de bisounours, mais la forme la plus moderne de contestation ? Cette excellente série populaire tente de nous montrer que ce mode d’action sans violence — et pourtant redouté du pouvoir — est non seulement le plus rassembleur, mais peut-être aussi le plus porteur.
L’envers du rêve américain en 16/9e
Detroit Roma, d’Elene Usdin & Boni (Sarbacane) — Quand le 9e art rend hommage au 7e art… Dans ce road-trip crépusculaire où les décors semblent factices et les personnages spectraux, Detroit est devenue une ville fantôme, et Rome apparaît comme un rêve surgi du passé. C’est triste comme le monde, mais par Jupiter qu’est-ce que c’est beau !
L’art au bout du fusil
La Mise à mort du tétras lyre, de David Combet (Glénat) — Telle une ode à la nature et à la vie, le graphisme de David Combet célèbre la couleur pour mieux exorciser un passé contrarié dans ses désirs artistiques. L’œuvre ambitieuse d’un jeune auteur qui laisse toutefois un goût d’inachevé…
De l’eau, de l’oxygène dans l’anxiogène
L’Âge d’eau, seconde partie, de Benjamin Flao (Futuropolis) — Cette seconde et dernière partie vient nous rassurer : avec ce voyage hypnotique dans le monde d’après, Flao sera parvenu à nous réconforter en transformant une catastrophe écologique en nouveau départ vers des horizons plus lumineux. Et en ces temps anxiogènes, cela n’est pas rien.
